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Full text of "Géographie du département de la Corse"

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ADOLPHE JOANNE 



GÉOGRAPHIE 



DE 



LA CORSE 



H gravures et une carie 



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des 5^3 ^ ,-'-.r-,^s 

GÉOGRAPHIE 



DU DEPARTEMENT 



LA CORSE 



AVEC UNE CARTE COLORIEE ET II GRAVURES 



ADOLPHE JOANNE 

AUTEUR DU DICTIONNAIRE GÉOGRAPHIQUE ET DE L'iTINÉRAir 
GÉNÉRAI, RE LA FRANCE 




PARIS 

LIBRAUUE hachette et c<« 

79, BOULEVARD S AI NT-G EKM AI N , 79 



1880 

Droits de traduction et do reproduction réservés. 



TABLE DES MATIÈRES 



DÉPARTEMENT DE LA CORSE 

I 1 Nom, formation, situation, limites, superficie. ... 3 

II 2 Physionomie générale 4 

1ÏI 5 Cours d'eau ; lacs et étangs . . . 12 

IV 4 Climat 19 

V 5 Curiosités naturelles 20 

VI 6 Histoire 23 

VII 7 Personnages célèbres 33 

VIII 8 Population, langues, culte, instruction publique . . 35 

IX 9 Divisions administratives 37 

X 10 Agriculture 40 

XI 11 Industrie, mines, eaux minérales 43 

XII 12 Commerce, chemins de fer, routes 47 

XIII 13 Dictionnaire des communes. . * 47 



LISTE DES GRAVURES 



l^Ajaccio 7 

2 Bastia 11 

3 Saint-Florent > 14 

4 Calvi 15 

5 Bonifacio 21 

6 Corte 29 

7 Le comte de Vaux triomphe à Golo des patriotes corses. ... 31 

8 Cervione 53 

9 Olmeto 55 

10 Sartène 56 

11 Vico. . 57 



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526. — Typographie A. Lahure, rue de Fleurus, 9, à Taris 



DÉPARTEMENT 



LA CORSE 



I. — Nom, formation, situation, limites, superficie. 

Le département de la Corse doit son nom à l'île de Corse. 

Lors de la division de la France en départements (1790), la 
Corse ne forma d'abord qu'un seul département, divisé en neuf 
districts, ayant pour chefs-lieux : Bastia, Oletta , l'Ile-Rousse, 
la Porta d'Ampugnani, Corte, Cervione, Ajaccio, Vico et 
Tallano. Par un décret du 11 août 1795, la Convention 
divisa la Corse en deux départements : le département du Golo 
avec les districts de Bastia, Calvi et Corte, et le département 
du Liamone, avec les districts d'Ajaccio, de Vico et de Sartène. 
Plus tard, par un sénatus-consulte du 19 avril 1811, ces 
deux départements furent réunis en un seul, qui prit le nom de 
département de la Corse, avec Ajaccio pour chef-lieu. 

La Corse est située au sud-est de la France, à l'ouest de 
l'Italie, au nord de la Sardaigne. Elle est à 180 kilomètres 
environ de la France, à 460 de l'Algérie, à 600 de l'Espagne, 
entre 41° 21' 4" et 45° 0' 42" de latitude, et 6° 11' 47" et 7° 
11' 6" de longitude orientale. 

Elle a pour limites : au nord et à l'ouest, la Méditerra- 
née, qui la sépare de la France ; au sud, le détroit de 
Bonifacio, qui la sépare de la Sardaigne, dont elle n'est éloi- 
gnée que de 11 kilomètres ; à l'est, la mer de Toscane, qui 
la sépare de l'Italie, dont elle est éloignée de 80 kilomètres. 



4 CORSE. 

La superficie totale de la Corse est de 874,741 hectares. 
Cinq départements seulement ont une étendue plus consi- 
dérable : ce sont ceux de la Gironde, des Landes, de la Dor- 
dogne, de l'Aveyron et de la Côte-d'Or. C'est la plus grande 
île de la Méditerranée après la Sicile, la Sardaigne et l'île de 
Crète. Elle a la forme d'une ellipse irrégulière dont le grand 
axe est dirigé du nord au sud. Sa plus grande longueur, — de 
l'extrémité du Cap Corse aux Bouches de Bonifacio, — est de 
182 kilomètres 885 mètres ; sa plus grande largeur, — du cap 
Rosso, près de la Piana, à l'ouest, à la Tour du Bravone, à 
l'est, — est de 84 kilomètres. Son pourtour, très-sinueux, très- 
découpé sur la côte occidentale et méridionale , plus régulier 
sur la côte orientale, est d'environ 480 à 490 kilomètres. 

II. — Physionomie générale. 

« Vue à distance, la Corse est un récif aride et désolé. Ses hau- 
tes crêtes n'ont pas en été la réverbération éblouissante des 
glaciers des Alpes ; des plaines de neige ne couvrent pas d'un 
voile de gaze blanche l'aspérité de ses rudes contours. Ce sont 
des murailles effrayantes, taillées à pic ; nulle trace de 
végétation, nulle verdure. C'est à peine si les forêts, qui 
s'échelonnent le long de ses flancs décharnés, produisent l'effet 
de petites taches noires, à côté des rellets lumineux des 
granits. Les maquis, avec leur flore aux teintes sombres, ne 
sont à distance qu'une toison rase qui recouvre le dos des 
collines. Mais dès que l'on a fait quelques pas sur cette terre 
étrange, dès que l'on a franchi les premiers contre-forts de 
ses montagnes, on est étonné du contraste qui existe entre 
l'aspect verdoyant de l'intérieur de l'île et l'aridité qui règne 
sur ses côtes. Ici les sapins et les laryx représentent la flore 
septentrionale ; plus loin, des noyers et des châtaigniers 
couvrent de leur ombre épaisse le cours accidenté d'un petit 
torrent, et transportent le voyageur dans un coin de l'Auvergne 
ou du Daupliiné, tandis que les oliviers, les orangers, les ci- 
tronniers et les figuiers d'Inde, étages au soleil, rappellent 



PHYSIONOMIE GÉNÉRALE. 5 

quelque site de l'Algérie ou de la Sicile. Mais ce qui carac- 
térise la nature corse, c'est le maquis, mot tiré de l'italien 
macchie (broussailles). Le maquis est une espèce de fourré 
impénétrable, formé par un mélange confus de chênes-verts, 
d'arbousiers, d'alaternes, de lentisques, de bruyères, de 
lauriers-thyms, de myrtes et de buis; des touffes de cacalias, 
de cystes, de romarins, de ronces, de lavandes et de fougères 
s'y mêlent aux chèvrefeuilles, aux clématites et aux smilax, 
pour augmenter la confusion et le désordre. Le maquis fut 
pendant longtemps la retraite favorite du bandit, qui y trouvait 
l'impunité et de là défiait la gendarmerie. 

« La Corse, par la variété de ses découpures, de ses 
aspects et de sa flore, réserve aux touristes une succession de 
spectacles comme aucun autre pays ne peut en offrir. On y 
peut, en quelques heures, passer des cotes accidentées de la 
Sicile ou de la Grèce, avec leur flore méditerranéenne, aux 
imposantes forêts de la Suède et de la Norvège ; et depuis les 
plages sablonneuses jusqu'aux sommets du Monte Cinto, on 
trouve une série de points de vue bien faits pour attirer l'at- 
tention des artistes ou des simples curieux, toujours en quête 
de nouvelles distractions. » (Charles Raymond 1 ). 

Quand on étudie une carte de la Corse, il semble, à 
première vue, que le système orographique de l'île ne forme 
qu'un chaos de montagnes aux pentes diversement inclinées. 
Mais un examen plus attentif y fait découvrir une chaîne 
principale qui forme la charpente de l'île, et à laquelle viennent 
se relier une multitude de chaînons secondaires. La direction 
générale de cette chaîne est du nord au sud, et elle divise l'île 
en deux versants principaux, d'étendue à peu près égale : 
celui de l'ouest, dont Ajaccio est la principale ville, et celui 
de l'est, dont Bastia serait naturellement le chef-lieu. 

Au nord, on trouve d'abord un long éperon rocheux qui 
s'avance bien avant dans la mer, et qui vient se rattacher au 



1. V. le vol. de l'Itinéraire général de la France intitulé: Provence, 
Alpes Maritimes, Corse; par Adolphe Joaivne. 



6 CORSE. 

reste de l'île entre Saint-Florent, à l'ouest, et Bastia, à l'est. 
Cette partie de l'île s'appelle le Cap Corse. C'est une pres- 
qu'île étroite et allongée, qui s'étend sur une longueur de 
40 kilomètres environ à vol d'oiseau, et sur une largeur 
moyenne de 12 à 15 kilomètres. C'est la partie la plus riche 
de la Corse, grâce à la variété de ses cultures et à l'industrie 
de ses habitants : une belle route carrossable en fait le tour, 
de Bastia à Saint-Florent. Presque jusqu'au sommet de la 
chaîne, les pentes y sont occupées par des jardins et des 
vignes ; on cultive dans les jardins tous les arbres fruitiers du 
midi de la France : amandiers, grenadiers, pêchers, pru- 
niers, abricotiers, et, dans les endroits abrités du vent, les 
orangers, les citronniers et surtout les cédratiers, dont les 
fruits sont une source de revenus considérables; sur les 
coteaux exposés au soleil, les vignes s'étagent en amphi- 
théâtre, mêlées aux oliviers, et produisent l'excellent vin du 
Cap Corse (V. Agriculture) ; le fond des vallons est occupé par 
des prairies, des châtaigniers et des noyers. Les villages de 
cette contrée ont un aspect riant qui atteste l'aisance ; il nous 
suffira de nommer : San Martino, Brando, Tomino, Rogliano, 
Luri, Pino et Nonza. Parmi les points principaux de cette chaîne, 
est la Punta delta Torricella (542 mètres) , au-dessus de 
Centuri, près de l'extrémité du Cap Corse ; la chaîne s'élève 
rapidement, et, au Monte Alticcione, au-dessus de Cagnano, 
elle atteint 1 ,289 mètres ; au Monte Stello, entre Brando et 
Nonza, 1 ,585 mètres ; elle s'abaisse ensuite à la Serra di 
Pigno (1,110 mètres), entre Bastia et Saint-Florent. Là finit 
le Cap Corse. 

La chaîne s'incurve ensuite vers le sud-ouest. Les sommets 
principaux sont, en allant vers le sud-ouest : le Monte Grosso 
(1,861 mètres), le Monte Ladroncello (2,155 mètres), le 
Monte Vagliorba (2,650 mètres), qui est considéré comme le 
nœud du système orographique corse. — De nombreuses 
ramifications se détachent à l'est et à l'ouest de cette chaîne, 
à partir de Pietralba, et forment de profondes vallées où 
coulent des torrents. Un premier rameau se dirige à l'ouest 



, ; 







8 CORSE. 

sous le nom de Serra di Tendu et a pour point le plus élevé 
le Monte Asto (1,402 mètres) ; il se continue par le Monte 
Ritya, et va finir à la côte, près de Serizola. — Un autre, 
qui a sa racine entre le Monte Ladroncello et le Monte Cinto, 
se dirige vers le nord-ouest ; ses points culminants sont le 
Capo alla Mulrella et le Cap Barcalello ; il va finir à la 
Punta Revellata, à l'ouest du golfe de Calvi. — Un dernier 
rameau s'écartant de la chaîne un peu au-dessous duYagliorba, 
se termine, à l'ouest, à la presqu'île de Girolata, au nord du 
golfe de Porto ; son point culminant est le Capo alla Madia 
(1,670 mètres). — D'autres rameaux se détachent vers l'est : 
un premier, qui part des environs de Lento, va se terminer à 
Murato ; son point culminant est la Cimadei Taffoni (1,052 
mètres) ; — un second part du Monte Ladroncello et va finir 
à Moltifao; son point culminant est le Monte Padro (2,457 
mètres) ; — un dernier rameau, se détachant au-dessus du 
Pagliorha, se dirige du sud-ouest au nord-est ; son point cul- 
minant est le Monte Cinto (2,816 mètres), point culmi- 
nant de l'île ; il forme ensuite le Monte Traunato (2,107 
mètres), et s'abaisse vers Ponte-alla-Leccia. 

La grande chaîne se continue au sud du Monte Vagliorba, 
et traverse le centre de l'île ; elle prend dans cette partie le 
nom de chaîne centrale. Ses sommets principaux sont, du 
nord au sud : le Monte Tafonato (2,515 mètres), le Monte 
d'Oro (2,655 mètres), au-dessous duquel se trouve la dépres- 
sion du col de Vizzavona (1,145 mètres), entre Bocognano et 
Vivario, point culminant de la roule d'Ajaccio à Bastia ; le 
Monte Renoso (2221 mètres) et le Monte Incudine (2,041 mè- 
tres). C'est sur cette chaîne ou sur ses contre-forts que 
prennent naissance les plus grandes rivières de l'île ; elle est 
couverte de neige pendant une partie de l'année. — De nom- 
breux chaînons se ramifient à l'ouest et à l'est. Citons 
d'abord, à l'ouest, un rameau qui a pour point culminant la 
Punta Lincinosa (1,545 mètres), et qui envoie de nombreu- 
ses branches entre les golfes de Porto et de Sagone. Un autre 
rameau, qui- a pour point culminant le Monte Cervello t vient 



PHYSIONOMIE GÉNÉRALE. 9 

finir au-dessus de Murzo, près de Vico. Un troisième, qui s e 
détache du Monte d'Oro, se dirige vers le sud-ouest et a pour 
point culminant la Punta di Sant'Eliseo ; il vient se terminer 
au Capo di Feno, au nord d'Ajaccio. Un autre chaînon part 
du Monte Renoso, et, se dirigeant vers le sud-ouest, a pour 
point culminant la Punta Seralc et va finir à la Fontanaccia, 
dans le golfe d'Ajaccio. Un dernier rameau se détache du 
Monte San Giovanni et a pour points culminants le Monte 
Mantelluccio (1,556 mètres) et la Punta del Ballatoso ; il va 
mourir au Capo di Muro et au Capo New, au sud du golfe 
d'Ajaccio. 

Plusieurs arêtes se détachent à l'est de la chaîne centrale. 
Un premier rameau, allant du nord-ouest au nord-est, a pour 
points culminants le Monte Artica (2,440 mètres), qui 
domine le vaste plateau central du Niolo, et le Monte Conia : 
il s'abaisse au nord-onest de Gorte, et se relève de nouveau 
à l'est de cette ville, où il a pour points culminants le Monte 
Alluraya, le Monte Mufraggia et le Monte Piata. Un autre 
rameau, incliné dans la direction du sud-ouest au nord-est, 
a pour point culminant le Monte Rotondo (2,764 mètres). 
Un troisième quitte la grande chaîne au nord du Monte 
Renoso et se dirige du sud au nord ; il s'abaisse vers Vezzani 
et Rospigliani. Citons encore, à l'est du Monte San Giovanni, 
la Serra del Prato, qui se dirige du sud au nord, et s'abaisse 
vers Lugo di Nazza et Ghisoni. Le Monte Incudine envoie de 
nombreuses ramifications dans toutes les directions, mais sur- 
tout au sud. 

La troisième partie de la chaîne principale part du Monte 
Incudine, et, se dirigeant du nord au sud, se termine au 
Monte délia Trinità, à l'ouest de Bonifacio. Ses points les 
plus élevés sont: la Serra délia Rena (1,941 mètres); le 
Monte Asinao (1 ,825 mètres) ; la Punta délia Cava (1 ,566 mè- 
tres) ; la Punta d'Ovace (1,495 mètres) et le Monte délia 
Trinità (297 mètres). 

De nombreux rameaux se détachent à l'est et à l'ouest de 
cette partie de la chaîne et forment, surtout vers l'ouest, 



10 CORSE. 

plusieurs vallées très-accidentées. A l'ouest, l'Incudine envoie 
un prolongement qui a pour points principaux la Punta 
Furchicciole et la Punta Boturetto ; il va finir à la côte près 
de Porto Polio. 

Comme on le voit, la grande arête dont nous venons de parler 
établit une séparation absolue entre les versants occidental et 
oriental. Quelques cols (foci, bocche), assez éloignés l'un de 
l'autre, permettent la communication entre les deux versants ; 
ce sont : le col de San Leonardo (966 mètres), au Gap Corse, 
entre la commune de San Martino di Lota et celle d'Olnieta ; le 
col de Tighime (538 mètres) , point culminant de la route de 
Bastia à Saint-Florent ; le col de Vergio (1,552 mètres), entre 
la forêt d'Aitone et celle de Valdoniello ; le col de Vizzavona 
(1,145 mètres), entre Bocognano et Vivario, point culminant 
de la route d'Ajaccio à Bastia ; le col de San Giorgio (661 mè- 
tres), qui sépare la vallée du Prunelli de celle du Taravo, 
entre Cauro et Grosseto ; la foce delVlncudine (2,015 mètres), 
entre la vallée du Travo et celle du Rizzanese : c'est le col 
le plus élevé de la Corse. 

Le périmètre de l'île de Corse ne présente pas partout le 
même caractère. Sur la côte orientale, les atterrissements des 
nombreux torrents qui se déversent dans la mer ont fini par 
combler les anses et les golfes, et par effacer ou atténuer 
les caps ; c'est une rive basse et sablonneuse, parsemée 
d'étangs et de marais. On ne trouve sur cette côte que le port 
de Bastia, le golfe de Porto-Vecchio, l'un des plus beaux 
et des plus sûrs de la Méditerranée, et le golfe de Santa 
Manza. La côte occidentale, au contraire, présente de nom- 
breuses sinuosités, de profondes échancrures qui forment de 
magnifiques rades, des golfes profonds et sûrs, des ports 
spacieux et des caps d'une merveilleuse hardiesse. On y 
remarque, en partant du Cap Corse : le golfe de Saint-Florent, 
qui vaut la rade de Toulon ; le golfe de Calvi ; ceux de 
Galeria, de Girolata, de Porto, de Sagona, d'Ajaccio, de 
Valinco, et la crique de Bonifacio. 

Pour expliquer la différence d'aspect des deux parties du 



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12 CORSE. 

littoral corse, M. l'ingénieur Conte Grandchamps s'exprime 
ainsi : « La Corse est formée de deux systèmes de montagnes : 
l'un transversal, dont les sommets s'élèvent à 2,800 mètres 
au-dessus de la mer, se dirige du nord-ouest au sud-est; 
l'autre, longitudinal, occupe la partie orientale du nord au 
sud. Le premier se compose de roches granitiques ; le 
second, de terrains stratifiés, altérés par de nombreuses 
éruptions de serpentine. Sur la côte occidentale, les cours 
d'eau, renfermés chacun entre des crêtes très-élevées, abou- 
tissent à la mer et suivent des directions presque parallèles. 
Sur le versant oriental, au contraire, les eaux du système 
transversal sont gênées dans leur écoulement vers la mer par 
les montagnes du second système... Tandis que la côte 
orientale est unie et sablonneuse, la côte occidentale est 
escarpée et se découpe en golfes profonds. La composition 
géologique des roches de chaque système de montagnes 
produit cette différence. Les terrains stratifiés du système 
longitudinal se décomposent plus rapidement que les terrains 
granitiques du noyau central ; leurs débris, entraînés par les 
eaux, ont formé sur la côte orientale une longue plaine dont 
la largeur varie de 5 à 10 kilomètres. Sur la côte occidentale, 
les débris, moins abondants, des terrains granitiques, sont 
emportés dans la mer plus profonde où plonge le versant 
de l'ouest. » 

III. — Cours d'eau ; lacs et étangs. 

La largeur de la Corse étant très-petite par rapport à 
l'élévation de ses montagnes, les cours d'eau n'ont à franchir 
que de faibles distances kilométriques, tandis qu'ils descen- 
dent de hauteurs considérables ; ce sont par conséquent des 
torrents plutôt que des fleuves. Certains géographes ont 
établi un grand nombre de subdivisions dans l'étude de 
l'hydrographie corse. Nous nous contenterons d'énumérer les 
principaux cours d'eau de chaque versant. 

Versant Oriental. — Le Golo est le torrent le plus 



COURS D'EAU. 15 

considérable de ce versant et même de l'île entière. Il prend 
sa source dans les montagnes de la chaîne centrale, à une 
très-grande hauteur, entre le Monte Vagliorba et le Tafonato. 
Grossi par quelques petits affluents, il traverse l'aride 
plateau du Niolo, arrose Galacuccia, et sort du Niolo par un 
étroit défilé. Il se dirige ensuite vers le nord et longe à une 
faible distance la grande route d'Ajaccio à Bastia ; il reçoit, à 
gauche, l'Asco, grossi de la Navaccia et de la Tartagine, qui 
viennent de l'ouest, et tourne ensuite vers l'est. Sa vallée est 
bordée de chaque côté par de riantes collines. Il débouche 
dans la plaine de Mariana, vallée d'alluvions, et va se jeter dans 
la mer par un estuaire assez large, au sud de l'étang de 
Biguglia. Il n'est navigable, comme les autres rivières de la 
Corse, dans aucune partie de son cours ; sa longueur totale 
est de 84 kilomètres. Le volume moyen de ses eaux est de 
110,000 mètres cubes par minute. — VAsco, le plus grand 
tributaire du Golo, prend sa source dans les contre-forts nord 
du Monte Cinto. 11 descend le long d'une vallée sauvage dont 
les pentes sont en partie couvertes de forêts ; il débouche 
ensuite dans une petite plaine d'alluvions formée par son 
confluent avec le Golo, après avoir reçu, à gauche, la Tarta- 
gine (28 kilomètres de cours) et la Navaccia réunies. La lon- 
gueur de son cours est de 29 kilomètres. 

Le Tavignano (Rhotanus flumen), au sud du Golo, a sa 
source dans le lac de Nino ou Ino, et se dirige vers l'est. 
Jusqu'à Corte, il suit une profonde et sauvage vallée. Il 
passe à Corte, et se grossit, à droite, sous les murs de cette 
ville, de la Restonica. II coule alors vers le sud-est, reçoit le 
Vecchio, le Corsigliese, le Taynone, et va se jeter dans la 
mer entre l'étang de Diana, au nord, et les ruines d'Aleria, 
au sud. La longueur de son cours est de 80 kilomètres ; son 
débit moyen est évalué à 80,000 mètres cubes d'eau par 
minute. — La Restonica, principal affluent du Tavignano, prend 
sa source dans les flancs du Monte Rotondo, et suit une vallée 
parallèle à celle du Tavignano. Elle coule , étroitement en- 
caissée, entre deux rives dont les pentes sont tantôt abrup- 



14 



CORSE. 



tes, tantôt couvertes de forêts de conifères. Ses eaux sont 
très-limpides; la longueur de son cours est de 17 kilo- 
mètres environ. 

Le Fiumorbo (Hierus flumen) prend sa source dans les 
montagnes de la Serra d'Ese, au sud du Monte Renoso. Il se 
dirige d'abord vers le nord, puis tourne vers l'est et le sud- 
est. Son cours, très-accidenté et très-sinueux, a 43 kilo- 




Saint-Florent. 



mètres de longueur. Le Fiumorbo va se jeter dans la mer au 
sud de la plaine d'Aleria, au nord de l'étang de Palo. Ses 
affluents sont insignifiants. 

De l'embouchure du Fiumorbo jusqu'à Bonifacio, on 
trouve un grand nombre de torrents sans importance. Nous 
mentionnerons, du nord au sud : YAbatesco (20 kilomètres) ; 
le Traoo (27 kilomètres); la Solenzara [(19 kilomètres); le 



COURS D'EAU. 



15 



torrent de Santa Lucia (18 kilomètres) ; YOso (20 kilomè- 
tres) ; le Stabiaccio (20 kilomètres). 

Versant de l'Ouest. — Ce versant comprend les rivières 
et torrents qui se jettent dans la Méditerranée, depuis 
le golfe de Saint-Florent, au sud-ouest du Cap corse, jusqu'à 
Bonifacio. 

Ce sont, à partir du nord : YAliso (20 kilomètres) , qui 
prend sa source dans les gorges de Tenda, et va se jeter dans 




Calvi. 



la mer au golfe de Saint-Florent, un peu au sud de la ville 
du même nom ; — YOstriconi (21 kilomètres), qui commence 
au sud du Monte Asto, et arrose une des plus pittoresques 
vallées de la Balagna ; — le Regino, qui arrose une contrée 
fertile, à Test de l'Ile-Rousse ; — la Ficarella (23 kilomè- 
tres) et le Secco (15 kilomètres) , qui se jettent dans le 
golfe de Calvi. 



16 CORSE* 

Entre Calvi et le golfe de Porto, on trouve le Fango, 
rivière considérable qui prend sa source sur le revers occi- 
dental de la grande chaîne, dans les flancs du Monte Arghia- 
minuta, non loin du Monte Cinto. Il descend une vallée 
sauvage et déserte, et, après s'être grossi de nombreux 
aftluents, il traverse une plaine assez fertile, pour se jeter 
dans le golfe de Galeria ; son parcours est de 25 kilomètres. 

De l'embouchure du Fango au golfe de Porto, il n'y a que 
de petites rivières insignifiantes. Dans le golfe de Porto 
débouche la Rivière de Porto, qui prend sa source dans le 
haut de la vallée d'Aitone, passe au-dessous d'Evisa, où elle 
reçoit le torrent de Cristinacce, et va se jeter dans le golfe 
de Porto, après un parcours de 25 kilomètres. — Son prin- 
cipal affluent (rive droite) est le torrent de Lonca (16 kilo- 
mètres) . 

La Sagona, qui débouche dans le golfe du même nom, 
a son origine au pied des montagnes qui sont à l'ouest du 
Col de Seva. Elle reçoit, sur sa rive droite, un petit affluent, 
hBalogna, et va se jeter dans la mer après un parcours de 
20 kilomètres. 

Le Liamone est la rivière la plus importante du versant 
ouest. Il se forme sur le versant ouest du Monte Retto, 
qui sépare les sources du Liamone de celles du Tavignano. 
D'un cours d'abord très-rapide et très-tortueux, il franchit 
plusieurs étroits défilés, passe au pied du village impor- 
tant de Vico, et débouche dans la mer après avoir traversé 
une plaine fertile de 4 kilomètres de largeur, appelée la 
plaine du Liamone. — Ses affluents sont, sur la rive gau- 
che : le Grosso (16 kilomètres) et le Cruzzini (24 kilo- 
mètres). 

La Gravona prend sa source sur les flancs du Monte 
Renoso. Elle passe à Bocognano et côtoie à une faible distance 
la grande route d'Ajaccio à Bastia, le long d'une vallée assez 
fertile. Elle débouche dans la riante plaine du Campo di Loro 
et va se jeter dans le golfe d'Ajaccio, après un parcours de 
42 kilomètres. Ses eaux, dérivées au-dessus du hameau de 



COURS D'EAU; LACS. 17 

Mezzavia, sont conduites par un canal à Ajaccio, dont elles 
alimentent les fontaines. 

Le Prunelli prend aussi naissance sur les flancs du Monte 
Renoso et n'est séparé que par un contre-fort rocheux des 
sources de la Gravona. Il passe près de Bastelica, reçoit 
plusieurs petits affluents, et va sejeter dans le golfe d'Ajac- 
cio, après avoir traversé aussi la plaine du Campo di Loro. 
Cours, 38 kilomètres. 

Le Taravo, qui a son origine près du col de la Foce 
di Verde, descend presque en ligne droite du nord-est au 
sud-ouest. Il coule étroitement encaissé dans la plus grande 
partie de son parcours, passe au pied de Zicavo , au-dessous 
de la route d'Ajaccio à Sartène, et va se jeter dans la mer au 
golfe de Porto Polio. Cours, 53 kilomètres. 

Entre le Taravo et le Rizzanese, on ne trouve que le Boraci, 
torrent sans importance. 

Le Rizzanese, appelé aussi Tavaria, prend sa source sur 
les flancs du Monte Incudine. Il coule en décrivant de 
nombreux zigzags, et, grossi de plusieurs petits affluents, se 
jette dans le golfe de Valinco, au sud de Propriano. Cours, 
53 kilomètres. 

Du golfe de Valinco à Bonifacio, un grand nombre de 
petits torrents descendent à la mer. Le plus notable est 
YOrtolo, qui naît au pic de la Vacca Morta, et se perd dans la 
mer au golfe de Roccapina. 

Outre ces cours d'eau, la Corse compte un certain nombre 
de lacs, de marais et d'étangs. 

Les lacs sont situés dans la région élevée des montagnes, 
et la plupart dans les environs du Monte Rotondo. Ils se 
distinguent par la limpidité de leurs eaux, qui reflètent les 
parois de granit dans lesquelles elles sont enchâssées. 

Les lacs du Monte Rotondo, au nombre de sept, sont : le 
Rotondo, YOriente, le Melo, le Goria, le Pozzolo, le Rinoso, 
le Wielluccio. Le plus vaste de tous, le Rotondo, a la forme 
d'un immense entonnoir bordé de magnifiques rochers gri- 
sâtres ; il est très-profond et recouvert par la neige 



18 CORSE. 

pendant huit mois de l'année ; sa superficie est de 7 hectares 
environ. 

Le lac le plus important après le Rotondo, comme 
étendue, est le lav de Nino, sur le versant oriental du Monte 
Retto; son émissaire se jette dans le Tavignano, dont il est le 
principal affluent ; sa superficie est de 6 hectares et demi. 

Le lac de Creno, dans le Campotile, envoie le produit de 
ses eaux dans le Liamone. 

Il y a aussi, dans le pourtour du Monte Renoso, un 
certain nombre de petits lacs qui alimentent le Fiumorbo et 
le Prunelli. Ce sont : le Bastani, le Rino supérieur , le Rino 
inférieur, le Bracco, le Vatelaca ; ces lacs, dans lesquels 
vivent d'excellentes truites, sont gelés pendant une grande 
partie de l'année. 

Les étakgs et les marais abondent, surtout le long de la 
côte orientale, où ils forment de vastes étendues d'eau. 
Nous citerons sur cette côte, en allant du nord au sud, les 
étangs suivants. L'étang de Biguglia, le plus vaste de 
la Corse, a une superficie de 1,500 hectares et des bords 
très-insalubres ; mais il nourrit d'excellentes anguilles. 
L'étang de Diana, l'antique port d'Aleria, au nord de 
l'embouchure du Tavignano, a 570 hectares de superficie ; il 
communique avec la mer par un goulet. Au milieu de 
l'étang est un petit îlot de 400 mètres de circuit, qu'on 
appelle Yilot des Pécheurs. L'étang d Urbino. entre 
l'embouchure du Tavignano et celle du Fiumorbo, a une 
superficie de 750 hectares. Citons ensuite les petits étangs 
de Palo (72 hectares) et de Balistro (30 hectares), et les 
mmenses marais qui s'étendent entre l'embouchure du Tavi- 
gnano et Porto-Vccchio. 

Sur la rive occidentale, les étangs ne sont plus que des 
marais ; on rencontre, en allant du sud au nord : — les marais 
du Taravo (20 hectares) , sur la rive droite de l'embouchure 
de cette rivière ; — les marais de Pero (50 hectares) 
et de Chioni (55 hectares), sur le bord des petits golfes 
du même nom, entre Cargèse et Piana ; — les marais de 



CLIMAT. 19 

Calvi (23 hectares), entre cette ville et l'embouchure de la 
Ficarella ; — les marais de Saint-Florent (50 hectares), 
entre cette ville et l'embouchure de l'Aliso. 

IV. — C limât. 

La Corse est située entre le 43 e et le 35 e degré de latitude, 
entre les régions tempérées et les régions tropicales. Aussi 
jouit-elle d'un climat délicieux. On peut y trouver, comme 
en Syrie, trois climats bien distincts, mesurés par l'altitude 
du terrain : le premier, qui est celui de toute la plage 
maritime, embrasse la région inférieure de l'atmosphère, 
depuis le niveau de la mer jusque vers 580 mètres d'alti- 
tude; il est chaud comme les côtes parallèles d'Italie et d'Es- 
pagne. Le climat de la seconde zone, comprise entre 580 mè- 
tres et 1 ,750-1,950 mètres, ressemble au climat de la France, 
particulièrement à celui de la Bourgogne, du Morvan et de 
la Bretagne. Le climat de la région supérieure, ou cime des 
montagnes, est froid comme celui de la Norvège. 

Dans la première zone, c'est-à-dire sur toute la côte de la 
mer, il n'y a en réalité que deux saisons : le printemps et 
l'été ; rarement le thermomètre y dépasse en hiver 1 ou 2 
degrés au-dessous de 0, et il ne s'y maintient que peu d'heures. 
Sur toute la plage, le soleil est chaud, même en janvier, si 
le vent ne le tempère ; mais les nuits et l'ombre y sont froides 
en toutes saisons. Le ciel se voile rarement, et seul le vent 
du sud-est, le lourd sirocco, y apporte des brumes tenaces, 
que dissipe le vent violent du sud-ouest (libeccio). D'après 
les observations faites par M. Nosadowski dans une série 
de cinq années (1854-1858), la température moyenne a été, 
à Ajaccio, de 17° 55 centigrades, et la température moyenne 
de la saison hibernale, de 14° 34 centigrades. C'est le 
climat de la plupart des villes importantes de la Corse, 
telles que Ajaccio, Bastia, Calvi, l'Ile-Rousse, Saint-Florent, 
Bonifacio et Porto-Vecchio ; tandis qu'à Menton (Alpes-Mariti- 
mes), station désignée comme la plus favorisée au point de 



20 CORSE. 

vue climafologique, la température moyenne de l'hiver ne 
varie que de 5° à 13°. 

Le climat qui règne dans la seconde zone est beaucoup 
plus salubre que le premier, aussi la population se porte-t- 
elle surtout vers ces régions, où elle n'a plus à craindre les 
émanations marécageuses, si fréquentes sur la côte orientale. 
En juillet, on a vu le thermomètre monter à 30 degrés à 
l'ombre pendant plusieurs jours, tandis qu'en décembre il 
tombe quelquefois jusqu'à 4 degrés au-dessous de zéro. 

Dans la troisième zone , celle des hautes cimes de mon- 
tagnes, régnent, pendant huit mois de l'année, les ouragans et 
les frimas ; cette région est «stérile et désolée. 

En Corse, le vent est très-changeant, et l'on peut dire que 
jamais il n'est le môme clans toutes les couches d'air. Ceux 
qui dominent sont ceux du sud-ouest (libeccio) et du 
sud-est (sirocco). 

Le nombre des jours sereins est de 156, celui des jours 
moitié couverts de 89, celui des jours couverts de 51, et 
celui des jours de pluie de 48. 



Y. — Curiosités naturelles. 

La Corse est un des pays les plus pittoresques de l'Europe; 
outre le nombre infini d'aspects variés qu'elle doit à la mer, 
aux montagnes, aux forets, aux lacs, elle présente plusieurs 
curiosités naturelles fort remarquables. 

La grotte de Brando, dans le Cap Corse, se compose 
d'une vaste galerie de stalactites et de stalagmites aux formes 
bizarres, et de divers corridors sombres et étroits conduisant 
à de nouvelles galeries jusqu'ici inexplorées. Cette grotte lut 
pendant longtemps fréquentée par des bandits, car on y a 
découvert des armes à feu à l'état de pétrification. 

« Les grottes marines de Bonifacio, dit M. Charles 
Raymond, sont la curiosité naturelle la plus remarquable de 
la Corse. Comme elles ne sont accessibles que du coté de la 



22 CORSE. 

mer, il faut louer une barque pour une demi-journée On fera 
bien de ne les visiter que l'après-midi, si l'on veut jouir de 
beaux effets de lumière. » 

Lorsqu'on est sorti du port, si l'on tourne à gauche en 
regardant la haute mer, on ne tarde pas à atteindre la 
grotte de Saint-Antoine. C'est une immense excavation 
ayant la forme d'un quart de sphère régulier ; l'entrée en est 
large, et de nombreuses stalactites pendent à la voûte ; le 
fond, d'une limpidité parfaite, offre de nombreuses diffé- 
rences dans la couleur des eaux. 

A l'est de cette grotte, se dresse le Monte Pertusato 
(montagne percée). Ce promontoire, le plus méridional de 
l'île, est traversé par une galerie largement éclairée dont les 
parois sont tapissées de stalactites et de capillaires. Les 
rochers du fond sont recouverts d'une espèce de mousse 
violette qui donne à l'eau une coloration étrange. 

Si, en sortant du port, on tourne à droite, on trouve, à 
quelques mètres plus loin, une crique arrondie dans laquelle 
sont creusées plusieurs cavités assez étroites appelées 
Le Gamere (les chambres). Il y en a une un peu plus large 
dans laquelle on peut aborder ; le fond, espèce de baignoire 
communiquant par un étroit goulet avec la mer, est tapissé 
de mousses vertes, violettes et roses, sorte de mosaïque natu- 
relle du plus bel effet. La voûte et les parois présentent mille 
découpures bizarres. 

Un peu plus à droite se trouve la Dragonale, qui est 
incontestablement plus belle et plus importante que les grottes 
précédentes. Quand la mer est calme, on y entre librement et 
l'on pénètre par un étroit passage dans une vaste salle circu- 
laire et voûtée. Une échancrure naturelle, creusée au faîte de 
la voûte dessine exactement les contours de l'île de Corse. 
Il règne dans la salle un demi-jour mystérieux venant de la 
faible lumière qui passe par cette ouverture; les eaux, 
fortement éclairées à l'extérieur, prennent des teintes de plus 
en plus sombres jusqu'au violet foncé. A droite s'ouvre une 
profonde excavation. En revenant, on trouve à gauche une 



HISTOIRE. 23 

chambre élevée à laquelle on monte par des gradins naturels ; 
c'est une espèce de salon dont le plafond est plat et uni, et 
où les habitants de Bonifacio font souvent de joyeux repas. 
Bien que la Dragonale soit moins célèbre que ia grotte d'azur 
de Capri, ses beautés ne le cèdent en rien à celles de sa 
rivale. 

Citons encore, parmi les curiosités naturelles de la Corse : 
le défilé (scala) de Santa Regina ; les gorges de Vizzavona 
et d'Evisa ; les prairies dit Coscione, et la pittoresque 
montagne de Cagna. 

VI. — Histoire. 

La Corse, placée au centre de la Méditerranée, dans une 
situation qui commande à la fois le nord de l'Afrique, 
l'Espagne, l'Italie et la Gaule, a été, de même que la 
Sardaigne et la Sicile, un objet de convoitise pour tous les 
peuples qui se sont disputé l'empire de la mer. Il est difficile 
d'établir l'histoire de ses premiers âges, car les renseigne- 
ments fournis à ce sujet par les géographes grecs ou latins 
sont incomplets, souvent même contradictoires. Diodore 
de Sicile représente l'île comme couverte de forêts et vante 
l'équité de ses habitants. Strabon, au contraire, en parle 
comme d'un pays âpre et mal peuplé: à l'entendre, les mon- 
tagnards qui y demeuraient ne vivaient que de brigandages 
et étaient plus sauvages que les bêtes mêmes. Exagération évi- 
dente, de même que l'affreux tableau que trace de la Corse le 
philosophe Sénèque, qui y fut exilé en 41 après J.-C, et 
qui y resta huit ans : « Quoi de plus nu que ce rocher ? dit-il 
dans ses lettres à l'affranchi Polybe, ministre de Claude; où 
l'homme a-t-il plus à souffrir? Cette terre ne porte ni arbres 
fruitiers, ni arbres d'agrément, et peut à peine nourrir ceux 
qui la cultivent. 

Les Phéniciens, peuple navigateur, établirent des stations 
en Corse, et refoulèrent les habitants dans l'intérieur. 
Hérodote raconte qn'une colonie phocéenne fonda la ville 



24 CORSE. 

à'Aleria (570 av. J.-C). En 550, les mêmes Phocéens sou- 
tinrent un combat naval contre les Étrusques et les Cartha- 
ginois réunis, qui leur disputaient la domination de l'île. 
Plus tard, les Carthaginois s'y établirent. Ils en furent chas- 
sés, l'an 260, par le consul Lucius Cornélius Scipion, qui 
détruisit, suivant l'historien Florus, la ville d'Aleria. Mais 
la conquête de l'île fut longue ; les Romains y essuyèrent de 
nombreux désastres, et ce ne fut qu'après l'expédition de 
Scipion Nasica (162) que la Corse rentra définitivement sous 
l'obéissance romaine. Les conquérants tentèrent alors de colo- 
niser le pays. En 104, une colonie envoyée par Marius fonda, 
à l'embouchure du Golo, la ville de Mariana. Quelques années 
après (88), son rival Sylla repeupla Aleria au moyen de 
vétérans et de citoyens romains auxquels il distribua de nom- 
breuses terres. Au rapport de Pline, il y avait alors en Corse 
33 cités, dont quelques-unes faisaient un commerce assez im- 
portant. 

Quoique les divisions qui agitèrent à différentes reprises 
l'empire romain aient eu leur contre-coup dans l'île, la Corse 
jouit d'une assez grande tranquillité pendant le reste de la 
domination romaine. 

Les premiers Barbares qui envahirent la Corse furent les 
Vandales, sous la conduite de Genséric (458 ap. J.-C). Après 
une série de défaites et d'occupations successives, ils en furent 
chassés, 70 ans après, par Cyrille, lieutenant de Bélisaire. 
Vinrent ensuite les Goths, qui furent à leur tour expulsés par 
Narsès. 

Les Sarrasins parurent en Corse vers 806. Défaits dans un 
combat naval par le comte Burchardt, lieutenant de Charle- 
magne, ils perdirent 13 vaisseaux et furent mis en fuite. 
Mais ils revinrent à plusieurs reprises. Louis le Débonnaire, 
roi de France, confia la défense de l'île au comte Boniface, 
qui battit plusieurs fois les fils du Coran, et fit construire à la 
pointe méridionale de l'île la ville de Bonifacio. Les descen- 
dants de Boniface conservèrent la souveraineté de l'île 
jusqu'en 951. 



HISTOIRE. 25 

En 1077, le pape Grégoire Vil entama par l'intermédiaire 
de Landolpbe, évêque de Pise, une négociation à la suite de 
laquelle une assemblée générale de la nation corse décida que 
l'île passerait sou? la domination du Saint-Siège. Le pape 
donna par reconnaissance l'investiture de l'île à l'évêque 
Landolphe, et c'est ainsi que la Corse passa sous l'autorité de 
la république pisane. Cinq évêchés furent alors établis ; ce 
furent : Vescovato, Cervione, Ajaccio, Vico et Saint-Florent, 
et un grand nombre d'églises se fondèrent. 

D'après quelques historiens, la domination pisane fut assez 
douce ; des routes furent tracées et plusieurs ponts construits. 
Malheureusement l'île fut engagée dans les longues luttes qui 
signalèrent la rivalité de Pise et de Gênes, aggravées par les 
divisions des Guelfes et des Gibelins. Les Génois et le pape 
étaient Guelfes, les Pisans étaient Gibelins. Le clergé corse, 
pour plaire au pape, se fit le partisan des Génois et 
s'employa à détacher la population des Pisans. Déjà en 1195, 
les Génois s'étaient emparés de Bonifacio ; en 1278, Calvi 
tombait entre leurs mains. Plusieurs seigneurs les appelèrent 
à leur tour, et enfin l'île fit sa soumission générale à la 
république génoise (1326-1347). Pour sauvegarder leur 
liberté, les Corses firent une convention ; mais les Génois ne 
tardèrent pas à mécontenter quelques seigneurs. En 1570, 
Arrigo délia Rocca se révolta, mais sans résultat. En 1419, 
un autre mécontent, Yincentello d'Istria, à la tête d'une 
armée que lui prêta le roi d'Aragon, s'empara de Calvi et 
occupa l'île entière, à l'exception de Bonifacio. Gênes envoya 
des secours et chassa Vincentello et les Aragonais (1454). 

Définitivement maîtres de l'île, les Génois firent peser sur 
ce malheureux pays le joug le plus odieux. Les exactions et 
les rapines des conquérants occasionnèrent de nombreuses ré- 
voltes de la part des seigneurs et du peuple. D'un autre côté, 
le clergé prélevait de nombreuses dîmes, et la misère devenait 
grande dans les campagnes. En ajoutant à cela une profonde 
ignorance, on aura une idée du triste état dans lequel l'île 
était plongée. La fin du quinzième siècle vit une série de ré- 



26 CORSE. 

voltes successives. En 1487, Giovan Paolo Leca prend les 
armes, mais il est vaincu. De 1492 à 1511, Vinciguerra, Ri- 
nuccio, Giudice et Francesco délia Rocca tentent une série de 
soulèvements; mais la république, plus puissante, écrase les 
rebelles. 

Le secours ne pouvait venir que de l'étranger. Un Corse, 
Sampiero, qui avait épousé Vannina d'Ornano, descendante 
des délia Rocca, famille ennemie des Génois, avait passé au 
service d'Henri II, roi de France, et s'était fait remarquer par 
sa brillante valeur. Profitant de ce que Gênes s'était alliée 
avec Charles-Quint, le rival d'Henri II, il obtint qu'une armée 
française lût envoyée sous sa conduite pour enlever la Corse. 
En 1555, la flotte française sous les ordres de l'amiral Paulin 
de la Garde, réunie à la flotte ottomane commandée par Dra- 
gut, débarqua l'armée de Sampiero à Rastia. L'île entière, à 
l'exception de Calvi, tomba entre les mains de Sampiero. Mais 
le traité de Câteau-Cambrésis, qui mit fin aux guerres d'Ita- 
lie (1559), rendit l'île à ses anciens maîtres, et Sampiero, 
sans aucun secours, continua avec peine une lutte inégale, 
mais héroïque, qui se termina par son assassinat (1567). Les 
Génois lui coupèrent la tête, ainsi qu'aux autres Corses , ses 
partisans, et promenèrent dans les rues de Gênes ce hideux 
trophée. 

A la suite de ce dernier et glorieux essai d'indépendance, la 
Corse retomba plus que jamais sous le joug des Génois, et de 
longues années s'écoulèrent avant qu'aucune nouvelle révolte 
éclatât. A différentes reprises, de nombreux Corses s'exilèrent 
et se mirent au service de l'étranger. C'est de cette période 
de la domination génoise que date dans l'île la coutume de la 
vendetta. Les habitants, ne pouvant obtenir justice en s'adres- 
sant à leurs maîtres, se firent justice eux-mêmes, et le nombre 
des homicides s'accrut rapidement dans des proportions ef- 
froyables (1700). Cependant les Génois s'étaient rendus de plus 
en plus odieux ; leur rapacité sans bornes avait créé un grand 
nombre de mesures fiscales des plus vexatoires. Ils imposèrent 
de nombreuses taxes ; ils prohibèrent la sortie des denrées ré- 



HISTOIRE. 27 

coltées dans l'île, afin que les négociants génois pussent les 
acheter à bas prix ; en retour, les Corses étaient forcés de se 
procurer tout ce qui leur était nécessaire, même le sel, auprès 
des Génois, qui, de plus, s'étaient exclusivement réservés tous 
les emplois lucratifs. 

Le mécontentement était général, mais les Corses gardaient 
le silence, lorsqu'un événement imprévu fit éclater les senti- 
ments qui couvaient. En octobre 1729, un paysan de Bozio, 
indigné des exigences du fisc, appela les autres paysans à la 
révolte. L'insurrection gagne rapidement les villages voisins; 
bientôt toute la Corse est soulevée. Le 20 décembre 1730, la 
nation corse envoie 10 000 représentants à une assemblée gé- 
nérale tenue dans la plaine de Biguglia. Dans une autre assem- 
blée (consulta) tenue à Corte (4 février 1751), il fut décidé 
que tout citoyen, capable de porter les armes, serait soldat, et 
qu'une taxe de vingt et un sous par feu serait prélevée pour 
les frais de la guerre. Les curés des villages se déclarèrent 
aussi partisans de la révolte. 

Les insurgés s'emparèrent de Saint-Florent (15 avril 1731) 
et de Bastia-Terravecchia (13 juin). Les Génois envoyèrent 
alors en Corse 8000 Allemands. Ceux-ci dégagèrent Bastia, 
mais il furent en partie détruits dans un engagement près de 
Calenzana (janvier 1752). Toutefois l'arrivée de nouveaux 
renforts ennemis obligea les Corses à capituler. 

En 1735, nouvelle insurrection. Dans une consulte tenue à 
Orezza, le peuple corse nomma trois chefs : André Ceccaldi, 
Louis Giaffierri et Hyacinthe Paoli. Mais on manquait d'ar- 
gent. Tout à coup, un aventurier du nom de Théodore de Neu- 
hoff débarqua à Aleria sur un navire chargé d'armes, de muni- 
tions. Il fut accueilli comme un libérateur et proclamé roi, 
sous le nom de Théodore I er . Mais ses rêves dépassaient ses 
moyens ; il quitta bientôt l'île pour aller quérir de nouveaux 
secours (1757) ;il ne fit qu'une courte réapparition en 1743, 
et alla mourir à Londres, en 1756. 

Cependant, comme le mouvement insurrectionnel devenait 
de plus en plus inquiétant, le Sénat de Gènes demanda le se- 



28 CORSE. 

cours de la France. Louis XV, craignant que, dans le cas d'un 
refus, la république ligurienne ne s'adressât à l'Angleterre, 
envoya 5000 hommes en Corse, sous les ordres du comte de 
Boissieux (1758). La mission de ce général était d'employer 
tous les moyens de conciliation pour faire rentrer l'île sous la 
suzeraineté de Gênes. Les Corses refusèrent et envoyèrent une 
protestation au roi de France (1758). Boissieux fut obligé 
d'en venir aux mains avec les insulaires ; mais il fut défait à 
Borgo (14 octobre 1758), et il mourut (2 février 1759). Louis XV 
envoya alors un corps de 12 000 hommes (51 mars 1759), 
sous la conduite du marquis de Maillcbois. En quelques mois, 
Maillebois pacifia File (2 décembre). L'armée française quitta 
la Corse le 7 septembre 1741. Maillebois avait fait aimer son 
influence toute pacifique et administrative. 

Les révoltes continuèrent; le marquis de Cursay fut envoyé 
avec 2000 hommes pour continuer l'œuvre pacificatrice de 
Maillebois (mai 1748). Ce général manœuvra avec beaucoup 
de sagesse et d'habileté, ses bienfaits le firent chérir des Corses. 
Chauvelin, représentant de la France à Gênes, jaloux de celte 
influence, fit rappeler de Cursay, passa lui-même en Corse, 
et livra de nouveau File aux Génois (1752). 

Indignés, les Corses prirent de nouveau les armes, et élu- 
rent Galfori gouverneur général de l'île. Corle tomba entre 
leurs mains (janvier 1755). Mais un patriote devait donner à 
cette insurrection une direction vraiment énergique ; ce 
patriote, c'était Pascal Paoli. Le 15 juillet 1755, il fut élu gé- 
néral en chef, quoique à peine âgé de 27 ans. Doué au plus haut 
degré d'un esprit organisateur, il donna aux Corses une cons- 
titution qui fut considérée, par tous les esprits éclairés, comme 
un modèle de sagesse et de libéralisme. Pour résister aux Gé- 
nois, il parvint à mettre sur pied une armée de 25 000 hom- 
mes, instruite et bien équipée. 

Après s'èlre solidement fortifiés dans des posles, les insur- 
gés s'emparèrent de plusieurs tours de la côle (1761). A bout 
d'expédients et de ressources, Gènes vendit au cabinet de Ver- 
sailles ses prétendus droits sur la Corse (15 mai 1768). Pas- 



50 CORSE* 

cal Paoli résista, mais il avait maintenant à combattre un 
ennemi autrement redoutable. Le 28 août, Chauvelin débarqua 
en Corse avec de grands renforts. Les insurgés furent succes- 
sivement chassés du cap Corse, du Nebbio, de la Marana et de 
la Casinca. Cependant la sanglante défaite qu'ils firent éprou- 
ver aux Français près de Borgo (octobre 1768) vint un mo- 
ment ranimer leurs espérances. Nous empruntons les lignes 
suivantes à l'historien de Friess. 

« Le colonel de Ludre occupait Borgo avec 500 hommes. 
Paoli, voulant chasser l'ennemi de cette position et l'obliger à 
se renfermer dans Bastia, donna ordre à ses capitaines de s'en 
emparer. De son côté, le marquis de Chauvelin, comprenant 
combien il lui importait de conserver cette position, sortit de 
Bastia avec toutes les troupes dont il pouvait disposer, et se 
porta vers Borgo, tandis que De Grand-Maison opérait le même 
mouvement en partant d'Oletta. Paoli, qui avait deviné le 
plan de Chauvelin , chargea son frère Clément d'arrêter la 
marche de D*Grand-Maison et se porta lui-même, avec ses 
compagnies miliciennes au-dessous de Borgo. Le marquis de 
Chauvelin ne tarda pas à arriver et à commencer l'attaque. 
Des deux parts on se battit avec grand courage : trois fois les 
Français cherchèrent à entamer les Corses, et trois fois ils fu- 
rent vivement refoulés. Le combat dura plusieurs heures et fut 
très-sanglant; enfin Chauvelin, voyant qu'il avait perdu beau- 
coup de monde et désespérant de pouvoir forcer les retranche- 
ments, donna le signal de la retraite. Le colonel de Ludre, 
n'ayant pu être dégagé, fut obligé de se rendre avec sa garni- 
son. Les Français éprouvèrent des pertes considérables dans 
cette sanglante journée, et eurent un grand nombre de 
blessés. » 

Après la défaite des Français à Borgo, le comte de Vaux fut 
nommé général en chef de l'armée française en Corse, où il 
arriva au printemps de 1769, avec des forces imposantes. 
« Paoli, convaincu qu'il n'y avait plus à traiter diplomatique- 
ment des affaires de son pays, voulut opposer la plus vive ré- 
sistance, quoiqu'il comprît que, réduit à ses propres forces, il 




Le comte de Vaux triomphe à Golo des patriotes Corses. 



32 CORSE. 

ne pouvait lutter longtemps ; mais il espérait que les cabinets 
européens, intéressés à ce que la France ne prît pas une trop 
grande extension dans la Méditerranée, finiraient par se mettre 
de la partie. Il assembla une consulte au couvent de Casinca, 
le 27 avril 1769 ; la résolution de résister jusqu'à la dernière 
beure fut prise ta l'unanimité, et le premier tiers d'une levée 
en masse fut appelé sous les armes. 

« Le comte de Vaux prit sagement ses mesures; il concentra 
presque toutes ses forces dans le Nebbio, où Paoli avait établi 
son quartier-général et rassemblé ses milices. 11 pensait, non 
sans raison, que, s'il parvenait à écraser les troupes ainsi 
réunies de son adversaire, le reste du pays ne tiendrait pas 
longtemps. 

« L'attaque commença, de la part des Français, le 3 mai. 
Pendant deux jours il n'y eut guère que des escarmouches ; 
mais le troisième, De Vaux fit attaquer vivement Paoli dans 
sa position de Murato et l'obligea à se retirer au delà du 
Golo. Paoli alla s'établir à Rostino, confiant à Gaffori le soin 
de défendre Lento, et à Grimaldi celui de défendre Canavaggia, 
deux positions par lesquelles l'ennemi aurait pu pénétrer 
dans l'intérieur. Ces deux officiers ne s'acquittèrent pas 
loyalement de la mission qu'ils avaient reçue ; ils se hâtèrent 
de céder le terrain à l'ennemi sans combattre. 

« Les autres milices laissées par Paoli pour défendre les 
gorges environnant Ponte Nuovo, poussées par les Français 
qui se précipitaient des hauteurs, voulurent passer le pont ; 
mais elles en furent empêchées par les Prussiens à la solde 
des Corses, à qui la défense en avait été confiée. Le désordre 
et la confusion se mirent alors dans leurs rangs. Les Français 
en profitèrent pour les écraser, et ils leur firent éprouver 
une déroute complète (9 mai 1769). 

« Cette défaite jeta le découragement dans l'âme de Paoli ; 
il comprit que c'en était fait de la nationalité corse, et il 
résolut d'abandonner sa patrie. Il se dirigea sur Vivario, de 
là gagna Porto-Veccliio, et s'y embarqua sur un vaisseau 
anglais avec son frère et environ trois cents hommes qui 



PERSONNAGES CÉLÈBRES. 33 

voulurent partager son exil. » (De Friess, Histoire de la 
Corse.) 

A partir de ce moment, la Corse fit définitivement partie 
de la France. Le 15 août 1769, y naquit Napoléon Bonaparte, 
dont la fortune inouïe devait étonner l'univers entier. Pendant 
les guerres de la Révolution, les Anglais l'occupèrent quelque 
temps. Mais, en 1796, les généraux Gentile et Casai ta la 
reprirent. La fondation de l'Empire par Bonaparte resserra les 
liens qui unissaient la Corse à sa nouvelle patrie. L'île est 
toujours restée fidèle à la France, vers laquelle l'appellent 
ses sympathies et ses vrais intérêts. 

VII. — Personnages célèbres. 

Neuvième siècle. — Formose, évêque de Porto, pape de 
891 à 896. Sa mémoire fut flétrie par Etienne VI, mais 
réhabilitée par Jean IX, en 898. 

Dixième siècle. — Sambucuccio d'Alando, organisateur de 
la constitution de la terre de commune ; mort en 1012. 

Citons, entre cette période et le seizième siècle, les pa- 
triotes : Giumce della Rocca; Arhigo della Rocca; Vlncentello 
d'Istria, et l'historien Pietro Corso (Petrus Cyrnœus). 

Seizième siècle. — D'Ornano, dit Sampiero ou San Pietro, 
capitaine corse au service delà France, né en 1497, assassiné 
en Corse, le 17 janvier 1567. Il devint colonel général des 
Corses et seigneur de Benane. Il lutta souvent avec succès 
contre les Génois, dominateurs de sa patrie. — D'OriNano, 
(Alphonse), fils de Sampiero, maréchal de France, né en 1548, 
mort en 1610. Colonel général des Corses au service de la 
France, gouverneur de Valence, puis de Pont-Saint-Esprit, il 
prit part aux guerres de religion et fut un des premiers à 
reconnaître Henri IV, qui le nomma lieutenant général de 
Guienne et maréchal de France. 

Dix-huitième siècle. — Paoli (Pascal), célèbre chef corse, 
né à Morosaglia, en 1726, mort près de Londres, le 5 février 
1807. Fils du général Hyacinthe Paoli, il déploya la plus 



34 CORSE. 

grande habileté dans les luttes de sa patrie contre les Génois, 
ses oppresseurs, qu'il aurait chassés de l'île sans l'intervention 
de la France, à qui elle fut cédée (1768). Paoli, hors d'état 
de résister, se retira en Angleterre. Il revint en France à la 
Révolution, et fut nommé lieutenant-général des gardes natio- 
nales de la Corse. Le 17 juillet 1795, il fut mis hors la loi,, 
à cause de sa conduite suspecte. Il s'allia alors aux Anglais, 
et combattit avec eux contre la France. — Casabianca (Raphaël, 
comte de), général, néàVescovato le 27 novembre 1738, mort 
à Rastia le 28 novembre 1825. Il servit successivement dans 
les armées du Nord et des Alpes, et soutint un siège glorieux à 
Galvi, contre les Anglais. Il fut nommé général de division et 
sénateur après le 18 brumaire. Exclu momentanément de la 
Chambre, lors du retour des Rourbons, il y rentra en 1819. 
— Casabianca (Louis), frère cadet du précédent, né à Rastia 
vers 1755, tué le 1 er août 1798. Député à la Convention, 
il vota la détention dans le procès du roi, passa au conseil des 
Cinq-Cents, puis rentra dans la marine ; il était capitaine de pa- 
villon de l'amiral Rrueys au combat d'Aboukir, où il périt 
avec son fils, âgé de dix ans, qui refusa de l'abandonner. — 
Abbatucci (Charles), né à Zicavo, en 1771. Aide de camp de 
Pichegru, il se signala en Hollande. En 1796, étant général 
de division, il défendit Huningue contre les Autrichiens, et y 
fut tué. En 1854, une statue lui a été élevée à Ajaccio. — 
Cervoni (Jean-Raptiste), général, né à Soveria (1768), tué 
à la bataille d'Eckmùhl, le 22 avril 1809. 

Dix-neuvième siècle. — Pozzo di Rorgo (Charles-André), 
célèbre diplomate, néàAlata près d'Ajaccio, le 8 mars 1764, 
mort à Paris le 15 février 1842. Après avoir été chassé, le 
10 août, de l'Assemblée législative dont il était membre, il 
s'allia comme Paoli aux Anglais. Plus tard, il entra au service 
de la Russie et ne cessa d'intriguer contre la France. A la 
chute de l'Empire, il représenta la Russie à Paris. Après la 
révolution de 185Ô, Nicolas le nomma ambassadeur à Londres, 
où il resta jusqu'en 1839, — Napoléon I er , empereur des 
Français, roi d'Italie, né à Ajaccio le 15 août 1769, de Charles- 



POPULATION, LANGUES, CULTE, INSTRUCTION PUBLIQUE. 55 

Marie Bonaparte et de Letîzia Ramolino, mort à Sainte-Hélène 
le 5 mai 1821. Son nom appartenant à l'histoire, nous ne 
pouvons donner ici tous les détails que comporterait sa 
biographie. — Sébastiani (François-Horace-Bastien, comte), 
maréchal de France, né le 10 novembre 1772, à la Porta 
d'Ampugnani, mort le 20 juillet 1851, à Paris. Il fut nommé 
général de brigade en* 1803, et général de division après 
Austerlitz, en 1805. C'est lui qui défendit Constantinople, 
où il était ambassadeur, contre Ja flotte anglaise (1807). Il 
combattit en Espagne (1809-1810). Il fut ensuite député, 
ministre, ambassadeur, et nommé maréchal de France en 
1840. — Arrighi (Jean-Toussaint), duc de Padoue, né à Corte 
le 8 mars 1778, mort le 21 mars 1855. Il fit la campagne 
d'Egypte, se distingua à Marengo et dans les guerres d'Al- 
lemagne, et fut nommé duc de Padoue et général de division. 
Après avoir été créé pair pendant les Cent-Jours et gou- 
verneur de la Corse, il fut exilé par les Bourbons et ne rentra 
en France qu'en 1820. En 1849, il fut élu député à l'As- 
semblée législative et devint sénateur (1852). 

Citons encore, parmi les notabilités corses de ce siècle, les 
médecins Poggiale, Marchal de Calvi, Ceccaldi, et un grand 
nombre de personnages politiques que Napoléon ÏII appela 
à de hautes fonctions. 

» 

VIII. — Population, langues, culte, instruction publique 

La population de la Corse s'élève, d'après le recensement de 
1876, a 262,701 habitants (132,228 du sexe masculin, 130,475 
du sexe féminin). A ce point de vue, la Corse est le74 e dépar- 
ment. Trois départements seulement, la Lozère, les Hautes- 
Alpes et les Basses-Alpes, ont une population spécifique plus 
faible. On nomme population spécifique le nombre obtenu en 
divisant le chiffre des habitants par celui des hectares ; or ce 
nombre est de 29,05 par kilomètre carré pour la Corse, tandis 
qu'il est de 68,35 pour l'ensemble de la France. 

En 1768, la population de la Corse était de 120,589 ha- 



36 CORSE. 

bitants; elle s'est donc accrue de 142,512 habitants depuis la 
réunion de ce pays à la France. 

En Corse, la langue officielle est le français, mais la langue 
du peuple est un dialecte qui se rapproche beaucoup de 
Yitalien ; il lui ressemble même plus que certains dialectes 
de l'Italie. 

Le nombre des naissances a été, en 1875, de 8,260 ; celui 
des décès, de 6,420; celui des mariages, de 2,032. 

D'après le degré d'instruction, le département de la Corse 
est classé au soixante-neuvième rang. Sur 100 recensés de 
plus de six ans, on compte 42,8 illettrés, la moyenne gé- 
nérale étant 30,8. 

Le lycée de Bastia comptait, en 1876, 476 élèves ; le 
collège Fesch, à Ajaccio, en comptait 390 (il en compte au- 
jourd'hui 450); Y école Paoli, de Corte, 121 ; le collège de 
Calvi, 58; -le collège de Sartène, 55. Les écoles libres ont 
compté, dans la même année, 1,796 élèves ; 607 écoles pri- 
maires, 53,665 élèves ; 7 salles d'asile, 2,086 enfants. 

Le recensement de 1872 a donné les résultats suivants 
pour le degré d'instruction : 

Ne sachant ni lire ni écrire 120,210 

Sachant lire seulement « 43,141 

Sachant lire et écrire 88,617 

Dont on n'a pu vérilier l'instruction. . . . 6,539 

Total de la population civile 258,507 

11 y a en Corse 258,404 catholiques; 84 protestants 
(49 calvinistes, 11 luthériens, 24 appartenant à d'autres 
sectes) ; 4 israélites ; 1 5 individus dont le culte n'a pas été 
constaté. 

Sur 42 accusés de crimes, en 1873, on a compté: 

Accusés ne sachant ni lire ni écrire 25 

— sachant lire ou écrire imparfaitement. . . 29 

— sachant bien lire et bien écrire 7 

— ayant reçu une instruction supérieure » 



DIVISIONS ADMINISTRATIVES. 37 



IX. — Divisions administratives. 

La Corse forme le diocèse d'Ajaccio ; — la quatrième sub- 
division de la quinzième région de corps d'armée (Marseille). 

— Le département ressortit : — à la cour d'appel de Bastia ; 
— à l'Académie d'Aix; — à la vingt-quatrième légion de gendar- 
merie ; — à la septième inspection des ponts-et-chaussées ; — à 
la trentième conservation des forêts (Ajaccio) ; — à l'arrondis- 
sement minéralogique de Marseille (division du Sud-Est) ; — 
à la région agricole du sud-est. — 11 comprend cinq arron- 
dissements (Ajaccio, Bastia, Calvi, Corte et Sartène), 62 can- 
tons et 564 communes. 

. Chef-lieu du département : AJACCIO. 

Chefs-lieux d'arrondissement : Ajaccio, Bastia, Calvi, 
Corte, Sartène. 

Arrondissement d'Ajaccio (12 cant. ; 79 com. ; 219,099 hect. ; 
69,257 h.). 

Canton d'Ajaccio (6 com.; 19,008 hect.; 20,028 h.) — Ai'à — 
Ajaccio — Alata — Appietto — Baslelicaccia — Villanova. 

Canton de Bastelica (5 com.; 22,900 hect.; 5,523 h.) — Bastelica — 
Cauro — Eccica-Suarella — Ocana — Tolla. 

Canton de Bocognano (5 com. ; 16,966 hect.; 4,652 h.) — Bocognano 

— Carbuccia — Tavera — Ucciani — Vero. 

Canton d'Evisa (6 com.; 22,809 hect.; 3,450 h.) — CristUiacce — 
Evisa — Marignana — Osani — Partinello — Serriera. 

Canton de Piana (3 com. ; 13,872 hect. ; 3,154 h.) — Cargèse — 
Ota — Piana. 

Canton de Salice (5 com. ; 11,341 hect. ; 2,085 h.) — Azzana — 
Pastricciola — Bosazia — Salice — Scanal'aghiaccia. 

Canton de Santa-Maria-Sichè (17 com.; 29,997 hect.; 8,896 h.) — 
Albitreccia — Azilone-Ampaza — Campo — Cognocoli-Monliclii — Coti- 
Chiavari — Forciolo — Frasseto — Grosseto-Prugna — Gu argua le — 
Pietrosella — Pila-Canale — Quasquara — Santa-Maria-Sichè — Serra- 
di-Ferro — Torgia-Cardo — Urbalacone — Zigliara. 

Canton de Sarl-dOrcino (8 com.; 10,616 hect.; 3,459 h.) — 
Amhiegna — Arro — Calcatoggio — Cannelle — Casaglione — Lopigna 

— Sant'Andrea-d'Orcino — Sari-d'Orcino. 

Canton de Sarrola-Carcopino» (5 com.; 9,840 hect.; 5,074 h.) — 
Cutoh-Corticchiato — Péri — Sarrola-Carcopino — Tavaco — Valle-di- 
Mezzana. 



38 CORSE. 

Canton de Soccia (4 com. ; 9,935 hect. ; 2,580 h.) — Guagno — Orto 

— Poggiolo — Soccia. 

Canton de Vico (7 com. ; 20,115 hect. ; 6.095 h.) — Arb'ori — Balogna 

— Coggia — Lctia — Murzo — Renno — Vico. 

Canton de Zicavo (9 com.; 31,100 hect.; 6,261 h.) — Ciamannacce 

— Corrano — Cozzano — Guitera — Palneca — Sampolo — Tasso — 
Zevaco — Zicavo. 

Arrondissement de Bastia (20 cant. ; 95 com.; 108,017 hect.; 
75,072 h.). 

Canton de Bastia [Terranova) (2 com.; 1549 hect.; 7,368 h.) — 
Bastia-Terranova — Furiani. 

Canton de Bastia (Terravecchia) (1 com.; 1,958 hect.; 10,514 h.) — 
Bastia-'J'erraveccliia. 

Canton de Borgo (4 com.; 11,412 hect.; 1,882 h.) — Biguglia — 
Borgo — Lucciana — Yignale. 

Canton de Brando (3 com.; 7,333 hect.; 3,526 h.) — Brando — 
Pietra-Corbara — Sisco. 

Canton de Campile (7 com.; 3,560 hect.; 4,016 h.) — Campile — ■ 
Crocicchia — Monte — Olmo — Ortiporio — Penta-Acquatella — Prunelli- 
di-Cas-acconi. 

Canton de Campitello (6 com.; 1,880 hect.; 2,759 h.) — Bigorno — 
Campitello — Canavaggia — Lento — Scolca — "Volpajola. 

Canton de Cervione (4 com.; 4,293 hect,; 2,895 h.) — Cervione — 
Sant'Andrea-di-Cotone — San-Giuliano — Yalle-di-Campoloro. 

Canton de Lama (3 com. ; 6,005 hect. ; 1 ,624 h.') — Lama — Pietralba 

— Urtaca. 

Canton de Luri (5 com.; 8,711 hect.; 5,111 h.) — Barrettali — 
Cagnano — Luri — Mena — Pino. 

Canton de Murât o (4 com. ; 6,439 hect. ; 2,260 h.) — Murato — Pieve 

— Rapale — Rutali. 

Cantoix de Nonza (5 com.; 7,012 hect.; 5,000 h.) — Canari — Nonza 

— Ogliatro — Olcani — Olmeta-di-Capocorso. 

Canton d'Oletta (4 com.; 6,718 hect.; 2,555 h.) — Oletta — Olmeta- 
di-Tuda — Poggio-d'Oietta — Vallecalle. 

Canton de Pero-Caseveccliie (5 com. ; 3,898 hect.; 2,655 h.) — Pero- 
Casevecchie — Poggio-Mezzana — Taglio-Isolaccio — Talasani — Velone- 
Orneto. 

Canton de Porta [Va com.; 6,656 hect. ; 5,150 h.) — Casabianca — 
Casalta — Croce — Ficaja — Giocatojo — Piano — Poggio-Marinaccio 

— Polveroso — Porta — Pruno — Quercilello — San-Damiano — San- 
Gavino-d'Ampugnani — Scata — Silvareccio. 

Canton de RogUano (5 com.; 7,552 hect.; 4,975 h.) — Centuri — 
Ersa — Morsiglia — Rogliano — Tomino. 

Canton de Saint-Florent (4 com. ; 0,125 hect.; 2,260 h.) — Barbaggio 

— Farinole — Patrimonio — Saint-Florent. 

Canton de San-Martino-di-Lota (3 com.; 3,026 hect.; 2,118 h.) — 
San-Martino-di-Lola — Santa-Maria-di-Lota — Ville-di-Pietrabugno. 



DIVISIONS ADMINISTRATIVES. 59 

Canton de San-Nicolao (5 com.; 4,154 hect. ; 2,198 h.) — San-Gio- 
vanni — San-Nicolao — Santa-Lucia-di-Moriani — Santa-Maria-Poggio — 
Santa-Reparata-di-Moriani. 

Cantonde Santo-Pietro-di-Tenda (3 com.; 19,245 hect.; 1,912 h.) — 
San-Gavino-di-Teuda — Santo-Pietro-di-Tenda — Sorio. 

Canton de Vescovato (7 com.; 8,330 hect.; 6318 h.) — Castellare- 
di-Casinca — Loreto-di-Casinca — Penta-di-Casinca — Porri — Sorbo-Oca- 
gnano — Venzolasca — Vescovato. 

Arrondissement de Calvi (6 cant. ; 35 com.; 78,749 hect.; 
24,299 h.). 

Canton de Belgodere (6 com. ; 10,192 hect. ; 3,557 h.) — Relgodere 

— Costa — Novella — Occhiatana — Palasca — Yille-di-Paraso. 
Canton de Calenzana (8 com. ; 51,031 hect.; 5,987 h.)— Galenzana — 

Cassano — Galeria — Lunghignano — Manso — Moncale — Montemaggiore 

— Zilia. 

Cantonde Calvi (2 com.; 5,038 hect.; 2,965 h.) — Calvi — Lumio. 

Canton de l'Ile-Rousse (6 com.; 4,176 hect. ; 5,034 h.) — Corbara — 
Ile-Rousse (L') — Monticello — Pigna — Sant-Antonino — Santa-Reparata- 
di-Ralagna. 

Canton de Muro (9 com. ; 7,950 hect. ; 4,928 h.) — Algajola — Aregno 

— Avapessa — Cateri — Feliceto — Lavatoggio — Muro — Nessa — 
Speloncato. 

Canton d'Olmi-Cappella (4 com.; 2,300 hect. ; 1,828 h.) — Mausoleo 

— Olmi-Cappella — Pioggiola — Vallica. 

Arrondissement de Corte (16 cant.; 108 com.; 173,526 hect.; 
58,442 h.). 
Canton de Calacuccia (5 com. ; 5,540 hect.; 4,434 h.) — Albertacce 

— Calacuccia — Casamaccioli — Corscia — Lozzi. 

Canton de Castifao (3 com. ; 14,868 hect. ; 2,348 h.) — Asco — Cas- 
tifao — Moltifao. 

Cantonde Corte(\ com.; 14,927 hect.; 5,018 h.) — Corte. 

Canton de Ghisoni (4 com. ; 20,647 hect.; 3,913 h.) — Ghisonaccia — 
Ghisoni — Lugo-di-Nazza — Poggio-di-Nazza. 

Canton de Moita (8 com, ; 10,018 hect. ; 4,648 h.) — Aleria — Am- 
priani — Matra — Moita — Pianello — Tallone — Zalana — Zuani. 

Canton de Morosaglia (7 com. ; 4,4 iO hect. ; 3,728 h.) — Risinchi — 
Castello-di-Rostino — Castineta — Gavignano — Morosaglia — Saliceto — 
Valle-di-Rostino. 

Canton d'Omessa (7 com.; 11,650 hect.; 2,387 h.) — Castiglione — 
Castirla — Omessa — Piedigriggio — Popolasca — Prato — Soveria. 

Cantonde Piedicorte-di-Gaggio (7 com.; 10,543 hect.; 3380 h. — 
Altiani — Erbajolo — * Focicchia — Giuncaggio — Pancheraccia — 
Piedicorte-di-Gaggio — Pietraserena. 

Canton de Piedicroce (15 com. ; 4,000 hect.; 4,561 h.) — Rrustico — 
Campana — Carcheto — Carpineto — Monacia — Nocario — Parala — 
Piazzole — Piedicroce — Piedipartino — Pied'Orezza — Rapaggio — 
Stazzona — Yalle-d'Orezza — Verdese. 



40 CORSE. 

Canton de Pietra (6 corn. ; 9,183 hect. ; 3,235 h.) — Campi — Canale- 
di-Verde — Chiatra — Linguizzetta — Pietra — Tox. 

Canton de Prunelli-di-Fiumorbo ( 5 com. ; 14,685 hect. ; 4,766 h.) — 
Isolaccio — Prunelli-di-Fiumorbo — Serra-di-Fiumorbo — Solaro — 
Yentiseri. 

Canton de San-Lorenzo (7 com. ; 6,414 hect. ; 2,113 h.) — Aiti — 
Cambia — Carticasi — Erone — Lano — Rusio — San-Lorenzo. 

Canton de Sermano (10 com. ; 10,004 hect. ; 5,117 h.) — Alando — 
Alzi — Rustanico — Castellare-di-Mercurio — Favalello — Mazzola — 
Sant'Andrea-di-Rozio — Santa-Lucia-di-Mercurio — Sermano — Tralonca. 

Canton de Valle-d' Alesani (9 com. ; 4,527 hect.; 5,017 h.) — Felce — 
Novale — Ortale — Perelli — Piazzali — Pietricaggio — Piobbeta — 
Tarrano — YalIe-d'Alesani. 

Canton de Venaco (7 com. ; 18,411 hect.; 4,559 h.) — Casanova — 
Gatti-di-Vivario — Muracciole — Poggio-di-Venaco J — Riventosa — Santo- 
Pietro-di-Yenaco — Venaco. 

Canton de Vezzani (7 com. ; 14,267 hect. ; 5,416 h.) — Aghione — 
Antisanti — Casevecchie — INoceta — Pietroso — Rospigliani — 
Yezzani. 

Arrondissement de Sartène (8cant.;47 com.; 169,172 hect.;55,651 h.). 

Canton de Bonifacio (1 com. ; 13,800 hect. ; 3,575 h.) — Ronit'acio. 

Canton de Levie (5 com.; 51,600 hect.; 4,708 h.) — Carbini — Figari 

— Levie — San-Gavino-di-Carbini — Zonza. 

Canton d'Olmeto (6 com.; 11,225 hect. ; 4,205 h.) — Arbellara — 
Fozzano — Olmeto — Propriano — Santa-Maria-Figaniella — Viggianello. 

Canton de Petrelo-Bicchisano (6 com.; 14,684 hect.; 4,199 h.) — 
Argiusta-Moriccio— Casalabriva — M ocà-Croce — Olivese — Petreto-Ric- 
chisano — Sollacarô. 

Canton de Porto-Vecchio (4 com. ; 54,788 hect. ; 4,555 h.) — Conca — 
Lecci — Porto-Yecchio — Sari-di-Porto-Yecchio. 

Canton de Santa-Lucia-di-Jallano (9 com. ; 6,657 hect. ; 5,225 h.) — 
Altagenc — Cargiaca — Loreto-di-Tallano — Mêla — Olmiccia — 
Poggio-di-Tallano — Sant'Andrea-di-Tallano — Santa-Lucia-di-Tallano — 
Zoza. 

Canton de Sartène (8 com.; 26,900 hect.; 6,710 h.) — Relvedere- 
Campomoro — Rilia — Foce — Giuncheto — Granace — Grossa — Sartène 

— Tivolaggio. 

Canton de Serra-di-Scopamcne (8 com.; 29,540 hect.; 4,876 h.) — 
Aullene — Caldarello — Monacia — Quenza — Serra-di-Scopamene — 
Sorbollano — Sotta — Zerubia. 



X. — Agriculture. 

Sur les 874,710 hectares du département, on compte : 

Terres labourables 188,451 hectares. 

Yiffnes 23,564 



AGRICULTURE. 41 

Bois et forêts 209,177 

Prairies naturelles .' . 19,584 

Pâturages et pacages 142,456 

Terres incultes et maquis. . . . 548,509 

Le reste se partage entre les lacs, les étangs, les emplacements de 
villes, bourgs, villages, les surfaces occupées par les routes, les 
cimetières, etc. 

Au 31 décembre 1875, on comptait dans le département: 9,190 
chevaux, 11,526 mulets, 5,450 ânes, 15,858 bœufs et taureaux, 
15,673 vaches et génisses, 3,525 veaux, 215,556 moutons de race 
indigène, 26,471 moutons de races perfectionnées, 76,134 porcs, 
188,921 chèvres. 

Les chevaux corses sont renommés pour la sûreté de leur pied, 
leur sobriété et leur résistance aux intempéries de l'air. Ils vivent la 
plupart du temps dans le maquis, en pleine liberté. — Avec le lait 
des chèvres on fabrique d'excellents fromages, en grande partie 
consommés sur place. — En 1876, la production de la laine a été 
de 55,428 kilogrammes, d'une valeur totale de 50,485 francs; la 
production du suif a été de 77,000 kilogrammes, d'une valeur de 
23,100 francs. 

Le gibier est très-abondant. Le sanglier vit dans les grandes forêts 
et dans certains maquis, notamment dans la plaine d'Aleria. Dans 
la partie élevée des montagnes on trouve une espèce particulière de 
chèvre, le moufflon, qui a des cornes très-longues et recourbées sur 
elles-mêmes ; on leur fait une chasse très-active. Le maquis nourrit 
des lièvres, des perdrix rouges, et surtout des grives et des merles 
très-estimés pour leur chair parfumée. On y prend un grand nombre 
de cailles au moment de leur passage. 

Les animaux carnassiers sont inconnus dans l'île : l'ours et le loup 
ont disparu ; à peine y voit-on quelques renards. Il y a d'excellentes 
qualités de -poisson sur les côtes : nous citerons la sole, le rouget, 
le turbot, la langouste ; des bancs de sardines et de thons passent 
tous les ans ; on pêche dans l'étang de Diana d'excellentes anguilles 
et des huîtres qui sont expédiées en Italie. — Quelques barques ita- 
liennes se livrent, sur les côtes, à la pèche du corail. 

La sériciculture a produit, en 1876, 14,000 kilogrammes de 
cocons. — Dans la même année, on comptait 21,250 ruches en ac- 
tivité; leur produit a été de 85,000 kilogrammes demielet 31,815de 
cire. 

Les vignes occupent une étendue de 20,396 hectares ; leur pro- 
duction totale a été, en 1876, de 297,781 hectolitres. Quoique la 



42 CORSE. 

plupart des vins soient ordinaires, il y a cependant quelques crus 
estimés. « La Corse, dit Victor Rendu, dans son Ampélographie fran- 
çaise, pourrait devenir une des plus riches contrées de l'Europe, et 
disputer le commerce des vins secs et des vins de liqueur à l'Espagne, 
au Portugal et à l'Italie, si l'industrie de ses habitants répondait aux 
avantages d'une position privilégiée. Quelques bons crus cependant 
font honneur à cette île. » Les vins les plus renommés sont ceux de 
Tallano et de Cap Corse. 

Certaines céréales sont cultivées sur une assez vaste échelle. En 
4876, il y a eu 32,435 hectares ensemencés de' froment, qui ont 
produit 351,595 hectolitres; 800 hectares d'orge (18,000 hectolitres); 
1,500 hectares de maïs et de millet (18,000 hectolitres). Le méteil, 
le sarrasin et l'avoine ne sont pas cultivés, et Ton n'a récolté, dans 
la même année, que 360 hectolitres de seigle. — La pomme de 
terre a donné un produit de 126,000 hectolitres, et les légume 
secs, 55,174 hectolitres. — On a récolté, dans la même année, 
292 quintaux de chanvre et 1,574 quintaux de lin. 

La culture maraîchère est peu développée ; cependant on pour- 
rait s'y adonner avec succès à la culture des primeurs. Des essais 
ont déjà donné de bons résultats. 

Les arbres fruitiers, tels que figuier, amandier, grenadier, pom- 
mier, poirier, pêcher, prunier, cerisier, abricotier, cognassier, 
croissent abondamment dans les vergers. Le caroubier, le jujubier, 
le néflier du Japon prospèrent dans les parties chaudes ; l'oranger et 
le citronnier croissent dans les coins abrités du littoral, notamment 
aux environs d'Ajaccio ; en6n le cédratier, dont la culture s'étend 
de plus en plus, surtout vers le Cap Corse et à TIle-Rousse, devient 
une source de revenus considérables. 

« Le châtaignier, dit M. Charles Raymond, est la principale res- 
source, la providence de l'île ; on trouve partout cet arbre nourricier, 
sur les coteaux, sur les montagnes élevées, dans les bas-fonds. Son 
fruit, séché et moulu, donne une farine douce et agréable, employée 
à fabriquer la traditionnelle polenta, qui constitue, avec quelques 
fromages secs, la nourriture de la plupart des montagnards. » En 
1876, la production des châtaignes a été de 270,000 hectolitres. 

L'olivier prospère en Corse et donne une huile estimée, surtout 
dans la Balagne. En 1876, la récolte a été de 559,375 kilogrammes. 

La culture du tabac est libre dans l'île ; chaque paysan récolte à 
peu près la quantité qui lui est nécessaire; mais la qualité du tabac 
est médiocre, à cause de la préparation rudimentaire qu'on lui fait 
subir. 

Les forêts occupent en Corse une étendue de 209,177 hectares. 



INDUSTRIE ; MINES ; EAUX MINÉRALES. 45 

Les essences qui prédominent dans les grands massifs sont le laricio, 
le pin maritime, le hêtre, le sapin, le chêne vert et le chêne hlanc. 
On y trouve aussi, mais en plus faible nombre et par petits groupes, 
l'orme, le charme, le frêne, l'érable, l'if, le genévrier, l'aune et le 
bouleau. Les arbres de haute futaie peuvent être ulilement employés 
dans les constructions civiles et navales, particulièrement pour le 
bordage et la mâture des vaiseaux ; ceux de moindres dimensions 
produisent des traverses de chemin de fer, despoteaux télégraphiques, 
des bois de pilotis et des charbons de très-bonne qualité. 



XI. — Industrie; mines: eaux minérales. 

Au point de vue des richesses minéralogiques, le département de 
la Corse est un des plus riches de la France ; malheureusement il 
reste beaucoup à faire au point de vue de leur exploitation. 

Les mines de fer se rencontrent à Farinole, à Olmeta, à Ota, 
Orchino, Arone, Poggiolo, Sagona, Lento, Castifao. Ces fers, ainsi 
que d'autres fers apportés de l'île d'Elbe, entretiennent les hauts- 
fourneaux deToga, près de Baslia, ainsi que les forges de Bastia, 
Fiumalto et Penta-di-Casinca. 

Il y a des gisements de plomb argentifère à Zilia, Moltifao, Pie- 
tralba et Castifao ; à? antimoine au Cap Corse ; de cinabre à Ersa ; 
de manganèse à Furiani, Valle et Muone ; de zinc sulfuré à Revinda 
et à Marignana ; de nombreuses traces de cuivre entre Linguizzetta et 
Belgodere. 

Les gisements de combustibles minéraux sont rares ; on trouve 
cependant de V anthracite à Osani, et du lignite h Saliceto. 

En revanche, les marbres abondent, ainsi que les pierres dures 
d'ornement. On trouve des syénites à Tallano et à Olmeto ; le granit 
orbiculaire à Sainte-Lucie ; des porphyres globuleux à Galeria, 
Girolata et Curzo. Le jade et le diallage ou vert antique de Staz- 
zona, roche unique en son genre, dit Gueymard, se trouvent dans 
les pays d'Orezza et d'Alesani. Cette roche orne la chapelle des 
Médicis à Florence. Le granit qui forme le soubassement de la 
colonne Vendôme, à Paris, a été tiré des carrières d'Algajola, près 
de l'Ile-Rousse. Les marbres qui décorent la façade du nouvel 
Opéra proviennent des carrières de Bevinco. — Un grand nombre de 
variétés de granits, granit rouge, granit rose, les serpentines, les 
eurites, les jaspes, le marbre blanc statuaire, le marbre gris bleuâtre, 
l'albâtre jaune, blanc, se trouvent en Corse. 

Les sources minérales de la Corse sont nombreuses ; elles pour- 



44 CORSE. 

raient rivaliser avec la plupart de celles du continent si leur éloi- 
gneraient n'en rendait l'accès difficile. 

L'eau d Orezza jaillit en bouillonnant au centre d'une place ma - 
gnifique ombragée d'arbres séculaires et construite aux temps des 
corvées, dans une situation exceptionnelle, au-dessus d'un torrent pro- 
fond, le Fiumaltô. Le voisinage de ce cours d'eau assure aux malades, 
même pendant l'été, une température modérée. C'est là une condi- 
tion remarquable et précieuse pour tous les anémies, qui ne per- 
dent pas à l'instant les forces acquises. L'eau d'Orezza est aujourd'hui 
connue du monde entier. Ferrugineuse et gazeuse, elle est très- 
efficace contre les affections chroniques de l'estomac, l'atonie, les 
maladies cutanées, la goutte, les obstructions et les hémorrhoïdes ; 
elle est également apéritive, diurétique et tonique. La puissance de 
cette eau est si grande, prise à sa source, qu'il ne faut pas en faire 
usage sans avoir préalablement consulté un médecin. Cette eau ne 
subit par le transport qu'une altération insensible. 

Les eaux de Guagno alimentent un établissement thermal qui se 
compose d'un bâtiment central avec deux ailes en retour, d'apparence 
fort modeste. L'aile gauche est occupée par des piscines à l'usage 
des militaires malades envoyés par le gouvernement, par des cabinets 
de bains pour les officiers, et par des douches. L'aile droite renferme 
les cabinets de bains pour les malades civils. Le bâtiment central est 
occupé par deux grands réservoirs situés au-dessous l'un de l'autre et 
recevant l'eau qui coule par un jet abondant (60 litres par minute); la 
température moyenne est de 41° centigrades. On y compte 59 cabi- 
nets à baignoires, 50 piscines à 4 places, 4 à 10 places et 2 à 20 
places. Le premier étage est occupé par les chambres des baigneurs, 
salons de réception et autres pièces au nombre de 60. Vhôpital mi- 
litaire est situé un peu plus haut que l'établissement thermal. 11 peut 
contenir 200 malades. L'eau de Guagno est claire, limpide, onctueuse 
au toucher; elle exhale une légère odeur d'œufs pourris, due à la 
présence de l'acide sulfhydrique; sa saveur est fade et nauséabonde ; 
sa température est de 51° centigrades; elle dépose dans les bassins 
des filaments de glairine et de barégine; elle est alcaline. L'analyse 
de ces eaux, faite en 1852 par M. Poggiale, démontre leur analogie 
en quelques points avec les eaux de Barèges. Plus riches en prin- 
cipes fixes, elles contiennent cependant près de moitié moins de 
sulfure de sodium. Ce ne sont donc pas absolument et seulement des 
eaux sulfureuses, et puisque les autres principes minéralisateurs, 
notamment le chlorure de sodium, sont si abondants, elles se rap- 
prochent beaucoup des eaux salines comme celles de Bourbonne. 
Aussi leurs propriétés participent selon les cas, tantôt des vertus 



INDUSTRIE; MINES; EAUX MINÉRALES. 45 

attribuées aux eaux sulfureuses (Barèges), tantôt des eaux salines 
(Bourbonne). Elles sont excitantes, activent la circulation et élèvent 
la température; en même temps que le pouls devient plus fréquent 
et plus fort, la transpiration augmente, mais ces phénomènes inflam- 
matoires disparaissent après quelques jours d'usage et font pl^ce à 
la médicatien régulière. Des nombreuses observations recueillies, il 
résulte que les eaux de Guagno exercent une influence salutaire : 
dans les affections de la peau, les affections rhumatismales; les 
arthrites chroniques et les rétractions musculaires et tendineuses, 
suites de plaies par armes à feu ; dans les affections chroniques des 
organes respiratoires et notamment dans la bronchite ; dans la scro- 
fule ; enfin et surtout dans les vices du sang, soit en rejetant le virus 
au dehors, soit en favorisant l'action et en augmentant l'efficacité des 
médicaments. 

Veau thermale de Guitera est distribuée par des conduits à un 
vaste établissement où se trouvent les baignoires. La tempéra- 
ture de la source est de 50° centigrades, et son débit de 
380,000 litres par 24 heures. Leur composition chimique range 
ces eaux parmi les eaux sulfurées sodiques. Leur efficacité a été 
constatée pour le traitement des rhumatismes, des engorgements 
articulaires et des contractions spasmodiques des muscles. En les 
faisant refroidir, on s'en sert pour les maladies cutanées et les affec- 
tions chroniques de l'utérus. 

Les eaux thermales de Pietrapola jaillissent par sept sources sur un 
plateau peu étendu, au centre du canton de l'runelli, et alimentent 
un établissement thermal. Ces eaux sont éminemment calmantes, 
dépuratives et toniques. La dose moyenne est d'un litre et demi dans 
les vingt-quatre heures, par verres ordinaires de demi-heure en 
demi-heure. Les affections arthritiques et rhumatismales les plus 
invétérées, même en étant suivies d'ankyloses, sont traitées avec le 
plus grand succès par les eaux de Pietrapola. Elles sont d'une égale 
efficacité contre la plupart des névralgies, certaines névroses, et 
d'une manière spéciale contre la névropathie générale. Les bronchites, 
les gastrites chroniques, certaines paralysies et une foule d'autres 
indispositions qu'il est inutile d'énumérer sont aussi traitées parles 
eaux de Pietrapola. L'établissement, pourvu d'un bassin de réfrigéra- 
tion, se compose de quatorze cabinets à bains très-spacieux et de 
deux piscines. 

Les eaux sulfureuses salines froides de Puzzichello se trouvent 
à quinze kilomètres d'Aleria et à deux kilomètres de la route forestière 
qui va de Vadina à Vivario. Ces eaux, dont la température ne dépasse 
pas 14° centigrades, contiennent du gaz hydrogène sulfureux, du gaz 



46 CORSE. 



acide carbonique, des sulfates de chaux et de magnésie ; elles sont 
riches en barégine ; on les dit excellentes pour les affections dar- 
treuses et scrofuleuses, pour la goutte, l'albuminurie, etc. 

Les sources, au nombre de deux, donnent environ cent cin- 
quante hectolitres d'eau par vingt-quatre heures. Ces eaux s'em- 
ploient en boisson,, en bains et en douches. L'établissement renferme 
quatorze cabinets et deux piscines, une douche ascendante, deux 
buvettes et un local pour l'emploi des boues. A côté, sur la rive 
opposée d'un ruisseau qui se jette dans le Tagnone, s'élève un petit 
édifice affecté au logement des malades et entouré de jardins et de 
plantations. De nombreuses fermes ont été établies aux environs, des 
vignes y ont été plantées, et toute la contrée est aujourd'hui l'une des 
plus prospères de l'île. 

V établissement thermal de Caldaniccia est situé dans une petite 
plaine limitée par la route, d'un côté, et par la Gravona, de l'autre. 
Les sources sont au nombre de cinq et ont ensemble un débit de 
vingt mille litres par vingt-quatre heures. Leur température moyenne 
est de 57° centigrades. Elles sont limpides, douces au toucher, onc- 
tueuses et ont à leur point d'émergence un goût très-prononcé 
d'œufs pourris. Ces eaux sont employées avec succès comme médi- 
cation sédative, dans les névralgies, les spasmes, les tumeurs blanches 
et les affections chroniques de la poitrine. 

Les eaux thermales d'Urbalacone, d'une température de 37°, ont 
été découvertes sur le territoire de cette commune par les habitants ; 
ils y ont fait construire un petit établissement, encore primitif, qui 
s'élève à une centaine de mètres de la route; nationale. Les eaux d'Ur- 
balacone n'ont pas élé analysées, mais elles appartiennent à la classe 
des eaux sulfureuses. 

Le petit établissement de Caldanelle se compose d'un simple bâti- 
ment renfermant quelques baignoires où les pauvres gens vont prendre 
des bains. Ces eaux sont assez riches en sulfate de soude, de chaux 
et d'alumine. 

En dehors de ces industries, il faut encore mentionner en Corse : 
deux usines à gaz, quelques tanneries, des poteries, de nombreuses 
selleries, des manufactures de chaussures en cuir très-épais, des 
taillanderies, des fabriques & instruments aratoires, et le tissage 
d'étoffes grossières, en poil de chèvre, qui servent à confectionner le 
pelone, vêtement commun à tous les paysans corses. 



: 



DICTIONNAIRE DES COMMUNES. 



47 



XII. — Commerce, chemins de fer, routes. 

Le département de la Corse exporte : des bois à brûler, des bois 
de construction, des cédrats frais et salés, des citrons et oranges, 
des châtaignes, du corail* brut, des eaux minérales, du charbon de 
bois, des chevaux, de la cire, de l'huile d'olive, de la laine, des 
fruits frais et secs, du liège, des cornes de bétail, des peaux brutes et 
tannées, des poissons frais et salés, des vins ordinaires, de l'écorce 
de tan, de la fonte de fer, des minerais de fer, d'antimoine et 
d'argent, du gibier, des résines, de la soie en cocons, etc. 

Il importe : des bœufs, des porcs vivants, des viandes salées, des 
fourrages, des produits coloniaux, des spiritueux, de l'huile de pétrole, 
des pommes de terre, des fers ouvrés, de la poterie, et, en général, 
tous les objets servant à l'ameublement, à l'habillement et à la 
toilette. 

L'ensemble du commerce extérieur de l'île, pendant l'année 1875, 
a été évalué à 45,987,796 francs, dont 32,675,508 d'importation et 
13,512,288 d'exportation. Les principaux ports de commerce sont : 
Ajaccio, Bastia, Bonifacio, Calvi, l'Ile-Rousse et Propriano. 

Les travaux d'un chemin de fer central, qui reliera Ajaccio à Bas- 
tia, sont déjà commencés et poursuivis avec une grande activité. Le 
reste du réseau est à l'étude. 

Les voies de communication comptent 5,287 kilomètres, savoir : 

9 routes nationales 1,129 kil. 

13 routes forestières 489 

9 routes départementales 209 

11 chemins vicinaux de grande communication 448 

46 chemins d'intérêt commun 1,220 

1,792 kilomètres de chemins vicinaux ordinaires. . 1,792 

XIII. — Dictionnaire des communes. 



Afà, 1,032 h., c. d'Ajaccio. 

Aghione, 238 h., c. de Vezzani. 

Aiti, 275 h., c. de San-Lorenzo. 

Ajaccio, 17,050 h., ch.-l. du dé- 
partement, m — y Ajaccio, une des 
plus jolies villes de la Méditerra- 
née, est une agréable station d'hiver. 
Assise au pied d'une colline dominant 
an golfe magnifique, elle a vis-à-vis 
d'elle de hautes montagnes couvertes 



de neige. Ses rues, larges, propres, 
bien entretenues, sont pavées en gra- 
nit ; ses places, ombragées de platanes 
et d'acacias.— Cathédrale à coupole en 
forme de croix grecque (1585), spécimen 
de l'architecture italienne; cuve en 
marbre blanc où fut baptisé Napoléon; 
maitre-autel en marbre d'une église de 
Lucques. — Chapelle des Grecs, joli 
monument du commencement du xvi* s. 



48 



CORSE. 



— Citadelle élevée en partie en 1554. 

— Maison où naquit Napoléon I", si- 
tuée rue Saint-Charles. Une plaque de 
marbre fixée au-ilessus de la porte de ia 
maison rapporte que là naquit Napoléon 
Bonaparte, le 15 août 1769. — Dans le 
palais Fesch se trouve aussi la biblio- 
thèque (rez-de-chaussée). Fondée par 
Lucien Bonaparte, ministre de l'inté- 
rieur, elle s'est considérablement accrue 
des dons du cardinal Fesch et de l'abbé 
Marchi, des envois ministériels et des 
acquisitions annuelles. Elle contient au- 
jourd'hui 2,9,000 volumes, parmi les- 
quels 150 manuscrits, presque tous sans 
importance; dans la cour, statue du car- 
dinal Fesch , de Vital-Dubray. — Hôtel 
de la préfecture , charmante construc- 
tion terminée en 1837 et entourée de 
jardins soigneusement entretenus. — 
Théâtre Saint-Gabriel, renkrmanl une 
Belle salle où se jouent en hiver des 
opéras italiens. — Hôtel de ville où l'on 
montre l'acte de baptême de Napoléon. 

— Sur la place du Diamant, monument 
de la famille Bonaparte (5 statues repré- 
sentant l'empereur à cheval et ses 4 frè- 
res à pied), inauguré le 15 mai 1865. — 
Chapelle mortuaire des Bonaparte, 
élevée par Napoléon III d'après les des- 
sins de M. Paccard. — Établisse- 
ment Fesch, affecté à l'instruction pu- 
blique et dont l'aile nord contient un 
musée d'un millieràe tableauxdont 600 
sont exposés dans 10 salles du palais au 
troisième étage et le rpste déposé dans 
le comble du même édifice. Presque 
tous ces tableaux proviennent d'un leys 
du cardinal Fesch à la ville d'Ajaccio. 
Malheureusement il y a beaucoup plus 
de copies que d'originaux. — Marché, 
monument moderne élégant. — Hô- 
pital cl casernes. — Palais de Justice, 
terminé en 1875, n'offrant rien de re- 
marquable. — Sur la place du Marché, 
fontaine monumentale, œuvre de M. Ma- 
glioli, ancien architecte de la ville d'A- 
jaccio ; elle est couronnée par la statue 
en marbre blanc du premier consul, re- 
marquable par le fini des détails. Cette 
statue, œuvre de Laboureur, repose sur 
quatre lions en granit corse qui vo- 
missent de l'eau; de nombreux jets 
d'eau et un parterre de fleurs et de 



plantes tropicales contribuent à l'orne- 
mentation de cette belle fontaine. — 
Statue du général Abbatucci, tué en 
1796 à la défense d'Huningue, à l'âge de 
25 ans. C'est une œuvre très-mouve- 
mentée et pleine d* vie, due au ciseau 
de M. ^ital-Dubray. — Pénitencier 
agricole de Castelluccio, aux environs 
de la ville. 

Alando, 134 h., c. de Sermano. 
»» — >-Rcstedu château de Sambucuccio. 

Alata, 417 h., c. d'Ajaccio. m — >- 
Restes des trois tours de Montichi. 

Albertacce, 1,140 h., c. de Cala- 
cuccia. m — y Forêt de Valdoniello, 
très-riche en pins larix. 

Albitreccia, 498 h. , c. de Santa- 
Maria-Sichè. 

Aleria , 1,412 h. c. de Moila. m — >- 
Ce bourg a remplacé une ville ro- 
maine, fondée parSylla, et qui fut, jus- 
qu'à sa destruction par les Sarrasins, 
pendant le moyen âge, la capitale de 
l'île. Il ne reste de cette ancienne ville 
que quelques ruines informes, les ves- 
tiges d'une maison prétoriale et les dé- 
bris d'un cirque dont on reconnaît à 
peine quelques gradins en mauvais état. 
A 50 min. d' Aleria se déroule la surface 
limpide do l'étang de Diana, qui fut sous 
les Romains le port d'Aleria, et que les 
historiens latins désignent sous le nom 
de Portus Dianœ. On voit encore sur ses 
bords les débris d'un vieux quai auquel 
sont scellé- de gros anneaux de fer, 
dont la destination était de retenir au 
port les galères romaines. Dans l'étang, 
qui communique à la mer par un 
goulet, se remarque un îlot nommé 
Vile des Pêcheurs. Cet îlot, qui mesure 
400 met. environ de circuit et 25 met. 
d'altitude à son point le plus élevé, 
est couvert d'une végétation magni- 
(ique mêlée de qnelques petits arbres. 
L'ilot entier est formé lui-même 
d'une immense accumulation d'écail- 
lés d'huîtres. Seloft la tradition , cet 
amas d'écaillés remonte au temps des 
Romains , alors qu'Aleria envoyait 
les huîtres de Diana aux riches séna- 
teurs de Rome. — Pénitencier agricole 
de Casabianda. 

Algajola, 149 h., c. de Muro. m — >- 
Restes de fortifications. — Dans l'église, 



DICTIONNAIRE DES COMMUNES. 



40 



c. de Muro. 
463 h., c. 



de 



de 



belle Descente de croix, attribuée au 
Guerchin. 

Altagene, 261 h., c. de Santa-Lucia- 
di-Tallano. 

Altiani, 190 h., c. de Piedicorte-di- 
Gaggio. 

Alzi, 155 h., c. de Sermano. 

Ambiegna, 144 h. , c. de Sari- 
d'Orcino. 

Ampriani, 117 h., c. de Moita. 

Antisanti, 821 h., c. de Vezzani. 

Appietto, 656 h., c. d'Ajaccio. 
Ruines d'un château duxi's. 

Arbellara, 508 h. , c. d'Olmeto 

Arbori, 550 h., c. de Vico. 
__ Aregno, 683 h., c. de Muro 
Église ruinée de la Trinité. 

Argiusta Moriccio, 3T0 h., c 
Petreto-Uicchisano. 

Arro, 256 h., c. de Sari-d'Orcino. 

Asco, 872 h., c. de Caslifao. 

Aullene, 914 h., c. de Serra-di-Sco- 
pamene. 

Avapessa, 250 h. 

Azilone-Ampaza 
Santa-Maria-Sichè. 

Azzana, 542 h. , c. de Salice. 

Balogna, 549 h., c. de Vico. 

Barbaggio , 319 h., c. de Saint- 
Florent. 

Barrettali, 974 h., c. de Luri. 

Bastelica, 2,958 h., ch.-l. de c. 
de l'arrond. d'Ajaccio. »» — >■ Maison où 
naquit Sampiero. 

Bastelicaccia, 514 h., c. d'Ajaccio. 

Bastia, 17,572 h., ch.-l. d'ar- 
rond. m > Bastia, d'où l'on voit les 
iles de Caprera, d'Elbe et de Monie- 
Grisio , est divisée en Terravecchia 
et Terranova. Bâtie par les Génois un 
peu dans le goût de la ville de Gênes, 
ses rues sont élroites et dallées en 
belles pierres. — Citadelle avec donjon 
du xv* s. commencé par Vincentello 
d'Islria. — L'église Sainte-Marie, située 
dans le quartier de la citadelle (1604), 
se dislingue par une grande profusion 
de dorures et par sa pauvreté en objets 
d'art. En dehors des deux niches 
sculptées qui sont prèsdumaitre-autel, 
et du tombeau de Jérôme Biguglia, 
poète, historien et jurisconsulte corse, 
rien n'y attire l'attention du visiteur. — 
kaint- Jean-Baptiste, près du port, est 



l'église la plus riche et la plus vaste de 
Bastia. La chaire, tout en marbre 
corse, mérite une mention. On voyait 
autrefois dans le chœur les tombeaux du 
comte de Boissieux et de M. de Mar- 
beuf, détruits en 1795. 11 reste encore 
le tombeau de M. le comte de Montélé- 
gier, gouverneur de la Corse, mort en 
1825. Cette église possède quelques ta- 
bleaux dus à des artistes corses et 
quelques autres de l'école italienne, 
légués par le cardinal Fesch. Les deux 
petites églises de Saint-Boch et de la 
Conception, élégants sanctuaires, sont 
enrichis par les prodigalités de deux 
confréries rivales. — Hôtel de ville 
moderne. — Palais de Justice, com- 
mencé en 1832, inauguré le 12 mai 
1858; c'est une lourde et massive con- 
struction où le marbre a été prodigué 
sans discernement, et dont la disposi- 
tion intérieure laisse beaucoup à dési- 
rer. — Hôpital civil et militaire, occu- 
pant l'ancien couvent de Saint-François, 
un des plus beaux édifices de Bastia. — 
Bibliothèque contenant environ 20,000 
volumes provenant principalement de 
dons faits en 1846 par le docteur Prela, 
médecin du pape Pie VII qui légua 
16,000 volumes, et par M. le docteur 
Sisca, qui a légué à la bibliothèque de sa 
ville natale un fonds d'environ 11,000 
volumes.— Sur la place Saint-Nicolas, 
qui domine la mer, s'élève une statue 
colossale en marbre blanc, œuvre du 
sculpteur Florentin Bartolini, représen- 
tant Napoléon 1" en costume romain. 
— Place d'Armes. — Beau boulevard 
Traverse, long d'un kil. — Nouveau 
port dans l'anse Saint-Nicolas. —Envi- 
rons remarquables. 

Belgodere, 928 h., ch.-l. de c, ar- 
rond. de Calvi. 

Belvedere-Campomoro, 364 h., c. 
de Sartène. m — >■ Slantare (mon. hist.), 
monument mégalithique. 

Bigorne-, 512 h., c. de Campi- 
Cello. 

Biguglia, 135 h., c. de Borgo.*» — >■ 
Étang insalubre mais très-poissonneux, 
surtout en anguilles, qui tont exportées 
à Naples. 

Bilia, 242 h., c. de Sartène. 

Bisinchi, 690 h., c. de Morosaglia. 



50 



CORSE. 



m — >■ Pierres sulfureuses servant à 
préparer des bains. 

Bocngnano, 1,027 h., ch.-l. de c. 
de l'arrond. d'Ajaccio. 

Bonifacio, 5,37,5 h., ch.-l. de c, 
d'arrond. de Sarlène. m — >■ Curieuses 
fortifications. — L'église de Sainte- 
Marie-Maieure, de construction pisane, 
riche en marbres et en porph\res, est un 
mélange d'architectures gothique et pi- 
sane (tombeau en marbre blanc du m e 
au iv* s.). — Église Saint-Dominique 
(mon. hist.), construite à la fin du 
xiii" s. par les Templiers, dont les 
armoiries sont sculptées dans les murs; 
elle est reconnaissais de loin à son élé- 
gant clocher octogonal couronné de 
créneaux ; jubé du xvm e s. Cette 
église possède plusieurs tableaux ita- 
liens parmi lesquels une Descente de 
croix, un Saint-Vincent et un Saint- 
Dominique. — L'église Saint-François, 
voisine de la précédente , remonte à la 
fin du xiv° s. Elle renferme les tom- 
beaux de Raphaël Spinola, évêque 
d'Ajaccio, mort en 1457, et de Philippe 
Cattaciolo, qui fut l'hôte de Charles- 
Quint pendant que l'empereur séjourna 
à Bonifacio. — Belle citerne derrière 
le couvent voisin. — Le Torrione (mon. 
hist.), grosse tour occupée par la pou- 
drière. — Maison délabrée qu'habita 
Napoléon. — Grottes sous-marines, 
dont les plus remarquables sont la 
Dragonale, San Antonio, San Barlolo- 
meo et Montepertusato, et où l'on peut 
aller en bateau. Ces grottes sont habi- 
tées par une quantité prodigieuse de 
colombes; à leurs voûtes pendent des 
stalactites ; elles sont tapissées de 
fleurs et de verdure, et l'on y trouve 
des sources d'eau douce. — Hospice 
civil, le plus ancien de toute la Corse. 
Son existence remonterait à la fondation 
même de la ville par le comte Boniface. 
Il fut considérablement enrichi pen- 
dant la peste de 1528 par les nombreux 
legs des mourants. — A 2 kilomètres, 
vieux couvent franciscain de Saint Ju- 
lien (pèlerinage Irès-frcquenlé) ; à 7 kil., 
chapelle de la Trinité, sur une haute 
montagne (point de vue magnifique). 

Borgo, 717 h., ch.-l. de c, arr. 
de Bastia. 



Brando, 1,610 h., ch.-l. de c. , ar- 
rond.de Bastia.»» — ► Cascade.— Grotte, 
de 50 met. environ de longueur, ornée 
de stalactites et de stalagmites. 

Brusiico, 190 h., c. de Piedicroce. 

Bustanico, 540 h., c. de Sermano. 

Cagnano, 824 h., c. de Luri. 

Calacuccia, 844 h., ch.-l. de c, 
arrond. de Corte. 

Calcatoggio, 680 h., c. de Sari- 
d'Orcino. 

Caldarello, 607 h., c. de Serra-di- 
Scopamene. 

Calenzana, 2,620 h., ch.-l. dec, 
arrond. de Calvi. m — >■ Vaste église 
très-ornée. — Tombeau d'un mission- 
naire corse mort en 1782 et qu'une 
épitaphe peu modeste compare à Dé- 
mosthène. — Château du prince Pierre 
Bonaparte. — Ancienne chapelle res- 
taurée de Santa-Bestituta. — Ancienne 
église Saint-Pierre, bâtie par les Pisans; 
substructions attribuées aux Romains. 

Calvi, 1,998 h., ch.-l. d'arrond. et de 
c. m — >■ Fondée en 1288, Calvi eut à 
soutenir plusieurs sièges. En 1555, les 
Turcs et les Français alliés donnèrent 
successivement deux assauts qui furent 
repoussés; les femmes montèrent sur 
les remparts à côté de leurs maris et plu- 
sieurs périrent sur la brèche. En 1794, 
les Anglais lancèrent 4,600 bombes 
dans la place et la réduisirent en un 
monceau de ruines. — Sur la porte de 
la ville haute ou citadelle se lit l'in- 
scription suivante eu lettres d'or : 
Civitas Calvi semper fidelis , allusion 
à la brillante défense de 1553, dans 
laquelle les habitants montrèrent leur 
fidélité à la cause génoise. — Dans 
l'église (dôme assez hardi) .tombeau de 
]a famille Baglioni. Dans l'oratoire de 
Saint-Antoine on conserve un crucifix 
miraculeux qui fut exposé sur les rem- 
parts la nuit qui précéda la levée du 
siège de 1553. — Le palais des anciens 
gouverneurs génois sert aujourd'hui de 
caserne ; un hôpital militaire a été 
construit à peu de de distance, en 1840. 
— Traces du bombardement exécuté 
parles Anglais en 1794.— Sur la hauteur, 
chapelle delà Madone Délia Serra, 
but de pèlerinage au mois de septêm- 



DICTIONNAIRE DES COMMUNES. 



51 



bre. —Fort Muzello, dominant la ville 
et la rade. 

Cambia, 416 h., c. de San-Lorenzo. 

Campana, 187 h., c. de Piedicroce. 

Campi, 290 h., c. de Pietra. 

Campile, 861 h., ch.-l. de c, arr. 
de Bastia. 

Campitello, 304 h., ch.-l. de c., 
arrond. de Bastia. 

Campo, 345 h. , c. de Santa-Maria- 
Sichè. 

Canale-di-Verde, 360 h. , c. de 
Piétra. 

Canari, 1,402 h., c. de Nonza.»» — ► 
Ruines de Canelata. — Ancienne église 
de l'Assomption, renfermant de vieilles 
pierres tombales, et plusieurs tableaux 
de différentes écoles italiennes, légués 
par le cardinal Fesch. — Dans l'église : 
paroissiale, bon tableau peint sur bois; 
tombeau du xvi e s., en marbre blanc; 
tabernacle en bois doré et belle sta- 
tuette de saint Roch, en marbre. 

Canavaggia , 535 h., c. de Campi- 
tello. 

Cannelle, 170 h., c. de Sari-d'Orcino. 

Carbini, 539 h., c. de Levie. 

Carbuccia , 533 h. , c. de Boco- 
gnano. 

Carcheto, 336 h., c. de Piedicroce. 

Cargèse, 849 h., c. de Piana.»»— >- 
Château. 

Gargiaca, 344 h., c. de Santa-Lucia- 
di-Tallano. 

Carpineto, 305 h., c. de Piedicroce. 

Carticasi, 579 h., c. de San-Lo- 
renzo. 

Casalyanca, 250 h., c. de Porta. 

Casaglione, 515 h., c. de Sari- 
d'Orcino. 

Gasalabriva, 380 h., C. de Petrcto- 
Biccliisano. 

Casalta, 243 h., c. de Porta. 

Casamaccioli, 558 h., c. de Calacuc- 
cia. 

Casanova, 243 h., c. de Venaco. 

Casevecchie, 279 h., c. de Vezzani. 

Gassano, 501 h., c. de Calenzana. 

Castellare-di-Gasinca, 54 i h., c. 
de Vescovato. 

Castellare di-ÏYIercurio, 248 h., c. 
de Sermano. 

Castello-di-Rostino, 577 h., c. de 
Morosadia. 



Gastifao, 673 h., ch.-l. de c, arr. 
de Corte. 

Castiglione, 256 h., c. d'Omessa. 
m — y Grotte dans le mont Tafonato. 
Castineta, 259 h., c. de Moro- 
saglia. 
Castirla, 315 h., c. d'Omessa. 
Cateri, 504 h., c. de Muro. 
Gauro, 656 h., c. deBastelica. 
Genturi, 764 h., c. de Rogliano. 
Cervione, 1,680 h., ch.-l. de c, 
arrond. de Bastia. m> — > Ruines de 
l'ancien évêché d'Aleria. — Église 
Sainte-Christine (mon. hist.), du xv s., 
bel édifice bâti en pierres blanches et 
dont la construction est attribuée aux 
Sarrasins. Composée de deux absides 
jumelles séparées de la nef par un 
transsept, elle est décorée intérieure- 
ment de peintures fort remarquables. 
Ce curieux édifice a été pour la pre- 
mière fois signalé par Mérimée. Son 
plan si original ne se retrouve dans 
aucune église du continent; toutefois la 
chapelle romane du château de Poli- 
gnac (Haute-Loire) s'en rapprochait 
beaucoup par ses absides jumelles 
creusées aux angles du chœur. — Sur 
un pic qui domine la ville, chapelle 
renfermant une belle statue de 1 
Vierge (xvi e s.) en marbre blanc. 

Chiatra, 444 h., c. de Pietra. m — > 
Ferme fortifiée de Giustiniana. — Tour 
bien conservée de Caseli. 

Ciamannacce, 792 h., c. de Zicavo. 

Coggia, 668 h., c. de Vico. 

Cognocoli-Montichi, 455 h., c. de 
Sasta-Maria-Sichè. 

Conca, 655 h., c. de Porto- 
Vecchio. 

Corbara, 1,020 h., c. de l'ile- 
Bousse. 

Corrano, 339 h., c. de Zicavo. 

Corscia,960 h., c. de Calacuccia. 

Corte, 5,018 h., ch.-l. d'arrond. 
et de c. m — >■ Buines d'un couvent de 
franciscains fondé en 1460. — Maison 
où Paoli avait installé le gouvernement 
national.— Maison d'Arrighi de Casa- 
nova, où la famille Bonaparte s'établit 
pendant les guerres de l'Indépendance. — 
Statues de Paoli, d'Arrighi de Casanova, 
de Joseph Bonaparte. — Belle caserne. 
— Château fort bâti par Vincentello 



52 



CORSE. 



d'istria, vers 1420.— Fontaine monu- 
mentale. 
Costa, 187 h., c. deBelgodere. 
Coti-Ghiavari, 1,028 h.,c. deSanta- 
Mana-Sicliè. m — > Pénitencier agricole 
de Chiavari. 
Cozzano, 840 h., c. de Zicavo. 
Cristinacce, 596 h., c. d'Evisa. 
Croce, 525 h., c. de Porta. 
Crocicchia, 540 h., c. de Campile. 
Cutoli Corticchiato, 875 h., c. de 
Sarrola-Carcopino. 

Eccica-Suarélla, 612 h., c. deBas- 
telica. 

Erbajolo, 554 h., c. de Piedicorte- 
di-Gaggio. 
Erone, 85 h., c. de San-Lorenzo. 
Ersa, 1,055 h., c. de Rogliano. 
Evisa, 1,027 h., ch.-l. de c., arrond. 
d'Ajaccio.e» — y Vue magnifique. — Rui- 
nes d'une chapelle. — Fontaine sur- 
montée du buste du docteur Ceccaldi, 
ancien médecin inspecteur de l'armée. 
Farinole, 565 h.,c. de Saint-Florent. 
m — >■ Tour ruinée. 
Favalello, 79 h., c. de Sermano. 
Felce, 500 h., c. de Vallc-d'Alesani. 
Feliceto, 609 h., c. de Muro. 
Ficaja, 559 li.,c. de Porta. 
Figari, 854 h., c. de Levie. m — >- 
Tour du xiu* s.— On découvre fréquem- 
ment sur le lerritoire des cercueils 
d'une époque inconnue. 
Foce, 540 h., c. de Sartène. 
Focicchia, 22lji., c. de Piedicorte- 
di-Gaggio. 

Forciolo, 517 h., c. de Santa-Maria- 
Sichè. • 

Fozzano, 556 h., c. d'Olmeto. 
Frasseto, 622 h., c. de Santa-Ma- 
ria-Sichè. m — >- Clocher avec 5 clo- 
chetons. 

Furiani,510 h., c. de Bastia. m — >- 
Antique forteresse. — Église en granit. 
Galeria, 772 h., c. de Calenzana. 
Gatti-di-Vivario, 1,071 h., c. de 
Venaco. m — >- Sur le seuil de l'église, 
ancienne pierre funéraire portant une 
inscription. — Sur la place, fontaine 
surmontée d'une Diane chasseresse. 

Gavignano, 580 h. , c. de Moro- 
saglia. 

Ghisonaccia, 787 h., c. de Ghi- 
soni. 



Ghisoni, 1,670 h., ch.-l. de c. de 
l'arrond. do Corte. 
Giccatojo , 200 h., c. dé Porta. 
Giuncaggio, 545 h., c. de Piedi- 
corte-di-Gagj:io. 
Giuncheto, 258 h., c. de Sartène. 
Granace, 265 h., c. de Sartène. 
Grossa, 450 h., c. de Sartène. 
Grosseto-Prugna, 690 h., c. de 
Santa-Maria-Sichè. 
Guagno, 1,079 h., c. de Soccia. 
Guargualè,552 h.,c. deSanta-Maria- 
Siché. 
Guitera, 270 h., c. de Zicavo. 
Ile-Rousse (L'), 1,608 h., ch.-l. de 
c., arrond. de Calvi. 

Isolaccio, 1,557 h., c. de Prunelli- 
di-Fiumorbo. 

Lama, 5:29 h., ch.-l. de c.,"arr. de 
Bastia. 
Lano, 128 h., c. de San-Lorenzo. 
Lavatoggio, 559 h., c. de Muro. 
Lecci, 257 h., c. de Porto-Vecchio. 
Lento, 575 h., c. de Campitello. 
Letia, 994 h., c. de Vico. 
Levie, 1,754 h., ch.-l. de c., ar- 
rond. de Sartène. m — *■ Dans l'église, 
remarquable Christ en ivoire de la Re- 
naissance; tableau de maître dans la 
sacristie. 
Linguizzetta , 657 h., c. dePietra. 
Lopigna, 512 h., c. de Sjri-d'Orcino. 
Loreto-di-Casinca, 1,110 h., c. de 
Vescovato. 

Loreto-di-Tallano, 192 h., c. de 
Sanla-l.ucia-di-Tallano. 
Lozzi, 952 h., c. de Calacuccia. 
Lucciana, 628 h., c. de Borgo. 
Lugo-di-Nazza, 506 h., c. de 
Ghisoni. 
Lumio,967h., c. de Calvi. 
Lunghignano, 186 h., c. de Calen- 
zana. 

Luri, 2,040 h., ch.-l. de c., air. 
de Bastia.»» — *■ Dans l'église, bonne co- 
pie d'un tableau de Raphaël, par Conca. 
— 'lourde Sénèque (mon. hist.), :>ur 
un pic du mont de Ventegiolle. La tra- 
dition veut que Sénèque, exilé en 
Corse, ait habité celte tour, qui est un 
donjon du moyen âge. 
Manso, 520 h., c. de Calenzana. 
IVIarignana, 960 h., c. d'Lvba. 
Matra, 275 h., c. de Moita. 



DICTIONNAIRE DES COMMUNES. 



55 



MausoIeo,t65h., c.d'Olmi -Cappella. 

Mazzola, 231 h., c. deSermano. 

Mêla, 255 h., c. do Santa-Lucia-di- 
Tallano. 

Meria, 752 h., c. de Luri. 

Mocà-Crece, 753 h., c. de Petreto- 
Bicchisano. 

Moita. 908 h., ch.-l. de c., arr. de 
Corte. 

Moltifao, 803 h., c. de Castifao. 

Monacia, 898 h., c. de Serra-di- 
Scopamene. 



Monacia, 338 h., c. de Piedicroce. 

Moncale, 581 h. , c. de Calen- 
zana. 

Monte, 1,002 h., c. deCampile. 

Monîemaggiore, 503 h., c. de Ca- 
lenzana. 

MonticeIlo,6i5 11., c. de l'Ile-Rousse. 
m — >■ Sur le mamelon de Capo-Spi- 
nello,vestiges d'une forteresse construite 
parles Pisans en 1280. — Le hameau 
d'Ocergliom occupe, dit-on, l'emplace- 
ment de la cité phénicienne d'Agila. 




Cervione. 



Morosaglia,939h., ch.-l. de c.,arr. 
de Corte. 

Morsiglia, 690 h., c. de Rogliano. 
#» — >• Vieilles tours de défense, carrées 
et à mâchicoulis.— Église offrant une 
belle colonnade en granit. 

Muracciole, 287 h., c. de Venaco. 
*» — *■ Forêts de Sorha et de Gorba. 

Murato, 1,086 h., ch.-l. de c, ar- 
rond. de Bastia. m — >- A quelques 
kil., trois églises de construction pi- 
sane : Saint-Michel (mon. hist.), Saint- 



Nicolas, Saint- Césaire. Les deux der- 
nières ne sont qu'une imitation de la 
première qui est la plus remarquable. 
« C'est, a dit Mérimée, la plus étrange 
et la plus jolie église qu'il y ait en 
Corse. » Elle renferme un beau tableau 
de l'école de Titien (Madeleine repen- 
tante). 

Muro, 1,055 h., ch.-l. de c, arr. de 
Calvi. 

Murzo, 375 h., c. de Vico. 

Nessa, 358 h. , c. de Muro. 



54 



CORSE. 



Nocario, 506 h., c. de Piedicroce. 

Noceta, 327 h., c. de Vezzani. 

Nonza,5l0h., ch.-l. de c, arr.de Bas- 
tia.»» — ► Vieille tour cariée. — Fontaine 
Sainte-Julie, à laquelle on attribue des 
propriétés curatives. 

Novale, 339 h., c. de Valle-d'Ale- 
sani. 

Novella, 437 h., c. de Belgodere. 

Ocana, 662 h., c. de Bastelica. 

Occhiatana, 720 h., c. de Belgodere. 

Ogliatro, 301 h., c. de Nonza. 

Olcani, 259 h., c. de Nonza. 

Oletta, 1,170 h., ch.-l. de c., arr. 
de Bastia. m — > Couvent de Saint- 
François, dans une magnifique position. 
— Mausolée du général Rivarola, mort 
gouverneur de Malte. 

Olivese, 612 h., c. de Petreto-Bic- 
chisano. 

Olmeta-di-Gapocorso, 528 h., c. 
de Nonza. 

Olmeta di Tuda, 518 h.,c. d'Oletta. 
m — y Château construit par le maré- 
chal Sébastiani. 

Olmeto, 1,647 h., ch.-l. de c. de 
l'arr. de Sartène. m — y Ruines du châ- 
teau d'Arrigo délia Rocca, envahies par 
une végétation luxuriante. — Gracieuse 
église moderne. — Ruines d'un ancien 
couvent. 

Olmi-Cappella, 895 h., ch.-l. de c, 
arrond. de Calvi. 

Olmiccia, 526 h., c. de Santa-Lucia- 
di-Tallano. 

Olmo, 577 h., c. de Campile. 

Omessa, 864 h., ch.-l. de c. de 
l'arrond. de Corte. m — > Restes d'un 
château. 

Ortale, 246 h., c. de Valle-d'Alesani. 

Ortiporio, 498 h., c. de Campile. 

Orto, 368 h., c. de Soccia. 

Osani, 388 h., c. d'Evisa. 

Ota, 1,027 h., c. de Piana. »» > 
Énorme rocher qui surplombe. 

Palasca, 528 h., c. de Belgodere. 

Palneca, 959 h., c. de Zicavo. 

Pancheraccia, 375 h., c. de Piedi- 
corle-di-Gaggio. 

Parata, 148 h., c. de Piedicroce. 

Partinello, 521 h., c. d'Evisa. 

Pastricciola, 628 h., c. de Salice. 

Patrimonio, 635 h., c. de Saint- 
Florent. 



Penta-Acquatella , 219 h., c. de 

Campile. 

Penta di-Casinca, 1,019 h., c. de 
Vescovato. 

Perelli, 582 h., c. de Valle-d'Ale- 
sani. 

Péri, 707 h., c. de Sarrola-Carco- 
pino. 

Pero-Casevecchie, 558 h., ch.-l. 
de c, arrond. de Bastia. 

Petreto Bicchisano, 1,057 h., ch.-l. 
de c, arrond. de Sartène. 

Piana, 1,278 h., ch.-l. de c, arr. 
d'Ajaccio. m — > Ruines d'anciens chà- 
teaux-forts. 

Pianello, 580 h., c. de Moita. 

Piano, 171 h., c. de Porta. 

Piatraserena, 446 h., c. de Piedi- 
corte-di-Gaggio. 

Piazzali, 104h.,c. de Valle-d'Alesani. 

Piazzole, 273 h., c. de Piedicroce. 

Piedicorte-di-Gaggio, 869 h., ch.- 
1. de c, arrond. de Coite. 

Piedicroce, 553 h., ch.-l. de c, ar- 
rond. de Corte. 

Piedigriggio, 160 h.,c. d'Omessa. 
'm — >- Ruines du château de Serra valle. 

Piedipartino, 150 h., c. de Piedi- 
croce. 

Pied'Orezza , 553 h., c. de Piedi- 
croce. 

Pietra, 881 h., ch.-l. de c. , arr. de 
Corte. 

Pietra-Corbara, 897 h., c. de 
Brando. 

Pietralba. 720 h., c. de Lama. 

Pietraserena, 446 h., c. de Picdi- 
coite-di-Gaggio. 

Pietricaggio, 291 h., c. de Valle- 
d'Alesani. 

Pietrosella, 514 h., c. de Santa- 
Maria-Sichè. 

Pietroso, 555 h., c. de Vezzani. 

Pieve, 529 h., c. de Murato. 

Pigna, 196 h., c. de l'Ile-Rousse. 

Pila Canale, 1,043 h., c. de Santa- 
Maria-Sichè. 

Piobbeta, 230 h., c. de Valle-d'Ale- 
sani. 

Pioggiola, 512 h., c. d'Olmi-Cap- 
pella. 

Pino, 521 h. , c. de Luri. m — ► 
Vieille tour. — Église richement ornée; 
belle statue de la Vierge. 



DICTIONNAIRE DES COMMUNES. 



55 



Poggio-di-Nazza, 950 h., c. de 
Ghisoni. 

Poggio-di-Tallano, 163 h., c. de 
Santa-Lucia-di-Tallarvo. 

Poggio-di-Venaco, 554 h., c. de 
Venaco. 

Poggio-d'Oletta, 540 h., c. d'O- 
letta. 

Poggio-Marinaccio. 141 h., c. de 
Porta. 



Poggio-Mezzana, 512 h., c. de 

Pero-Casevecchie. 

Poggiolo, 571 h., c. de Soccia. 

Polveroso, 218 h., c. de Porta. 

Popolasca, 153 h., c. d'Omessa. 

Porri, 279 h., c. de Vescovato. 

Porta, 687 h., ch.-l. de c, arr. de 
Bastia. 

Porto-Vecchio, 2,636 h., ch.-l. de 
c, arrond. de Sartène.*» — > Vieilles 
murailles flanquées de 5 tours. — Ma- 




Olmeto. 



gnifique pont de 5 arches en granit, 
sur le Starbiaccio. 

Prato, 419 h., c. d'Omessa. 

Propriano, 806 h., c. d'Olmeto. — 
Port de commerce. 

Prunelli-di-Casacconi,5l9h., c. de 
Campile. 

Prunelli-di-Fiumorbo, 824 h.,ch.- 
1. de c, ariond.de Coite. 

Pruno, 570 h., c. de Porta. 

Quasquara, 356 h., c. de Santa- 
Maria-Sicliè. 



Quenza, 561 h., c. de Serra-di-Seo- 
pamene. <m — ► Ruines du château de 
Saint-Launet. 

Quercitello, 304 h., c. de Porta. 

Rapale, 515 h., c. de Murato. 

Rappaggio , 224 h. , c. de Piedi- 
croce. 

Renno, 947 h.,c. de Vico. 

Riventosa, 558 h., c. de Venaco. 

Rogliano, 1,786 h., ch.-l. de c, 
arrond. de Bastia. »>» > Cap Corse. — 
Tour en ruines. — Trois hameaux 



56 



CORSE. 



entourés de tours carrés à mâchi- 
coulis. 

Rosazia, 563 h., c. de Salice. 

Rospig-Iiani, 241 h., c. de Vezzani. 

Rusio, 316 h., c. de San-Lorenzo. 

Rutali, 552 h., c. de Murato. 

Saint-Florent, 740 h., ch.-l. dec, 
arrond. de Bastia.sur le golfe du même 
nom. 

Salice, 421 h., ch.-l. de c, arr. 
d'Ajaccio. 

Saliceto,275 h., c. de Morosaglia. 



Sampolo, 474 h., c. de Zicavo. 

San Damiano, 354 h., c. de Porta. 

San-Gavino-d'Ampugnani, 460 h., 
c. de Porta. 

San-Gavino-di-Carbini, 759 h., c. 
de Levie. 

San Gavino-di-Tenda, 279 h., c. 
de Santo-Pietro-di-Tcnda. 

San-Giovanni, 566 h., c. de San- 
Nicolao. 

San-Giuliano, 215 h., c. de Cer- 
vione. 




Sartène. 



San-Lorenzo, 520 h., ch.-l. de c. 
de l'arrond. de Coite. 

San-Martino diLota, 960 h., ch.- 
1. de c.de l'arrond. de Bastia. 

San-Nicolao, 599 h., ch.-l. de c, 
arrond. de Ba^tfa. 

Sarit'Andrea-di-Bozio , 794 h., c. 
de Sermnno. 

Sant Andrea-di-Cotone, 725 h., c. 
de Cervione. 



Sant Andréa di-TalIano , 239 h . . 
c. deSanta-Lucia-di-Tallano. 

Sant'Andrea-d'Orcino, 254 h., c. 
de Sari-d'Orcino. 

Sant-Antonino, 553 h. f c. de l'Ile- 
Bousïe. 

Santa-Lucia-di-Mercurio, 542 h., 
c. de Sermano. 

Santa-Lucia-di-Moriani , 2 il h., 
c. de San-Nicolao. 



DICTIONNAIRE DES COMMUNES. 



57 



Santa-Lucia-di-Tallana, 1,183 h.., 

ch.-l. de c. , arrond. de Sarlène. 
»» — >- Ancien couvent de Cordeliers, 
converti en étable. — Église du 
xiv" s.; tombeau de 1472; bel autel en 
marbre;dans la sacristie, bon tableau du 
xiv e s. et charmant petit bas-relief en 
marbre, de 1499. 

Santa-Maria-di-Lota, 572 h., c. de 
San-Martino-di-Lota. 

Santa-Maria-Figanîella , 252 h., 
c. d'Olmeto. 



Santa-lKEaria-Poggio, 315 h., c. de 

San-Nieolao. 

Santa-Maria Sichè , 694 h., ch.-l. 
de c, arrond. d'Ajaccio. m — > Tour 
de Vannina. — Ruines du château de 
Sampiero. 

Santa-Reparata-di-Balagna,l ,252 
h., c. de llie-Rousse. 

Sauta-Reparata-di-Moriani, 477 
h., c. de San-Nicolao. 

Santo-Pietro-di-Tenda, 1,087 h., 
ch.-l. de c. de l'arrond. de Bastia. 




Yico. 



Santo-Pietro-di-Venaco , 564 h., 

c. de Venaco. 

Sari-di-Porto-Vecchio, 807 h., c. 
de Porto- Vecchio. 

Sari-d Orcino , 930 h., ch.-l. de 
c, arrond. d'Ajaccio. m—* Ruines de 
trois châteaux. 

Sarrola-Carcopino, 927 h., ch.-l. 
de c, arrond. d'Ajaccio. 

Sarlène, 4,724 h., ch.-l. d'arrond. 
de c. m — ► Sartcme ->e d.viss en 2 



parties: le'quartier Sainte-Anne, ou an- 
cienne ville, et le faubourg, ou ville 
neuve. Les rues du faubourg sont res- 
tées ce qu'elles étaient du temps des 
Génois et des Pisans. — Dans l'église, 
beaux tableaux de l'école italienne. — 
Dans les environs gigantesque rocher 
dit ['Homme de Cayna. 

Scanafaghiaccia , 331 h. , c. de 
Salice. 

Scata, 165 h., c.[de Porta. 



λR 



CORSE. 



Scolca, 405 h., c. de Campitello. 

Sermano, 284 h., ch.-l. de c, ar- 
rond. de Corte. 

Serra-di-Fiuxnorbo, 605 h., c. de 
Prunelli-di-Fiu morbo. 

Serra-di-Scopamene, 675 h., ch.- 
1. de c, arrond. de Sartène. 

Serriera, 358 h., c. d'Evisa. 

Serru-di-Ferro, 70 h., c. de Santa- 
Maria-Sichè. 

Silvareccio, 545 h., c. de Porta. 

Sisco, 1,019 h., c. de Brando.»»— * 
Chapelle de style byzantin (1555- 
146'J) ; crypte fort ancienne. 

Soccia, 762 h., ch.-l. de c, ar- 
rond. d'Ajaccio. 

Solaro, 553 h., c. de Prunelli-di- 
Fiumorbo. 

Sollacaro, 1,027 h., c. de Petreto- 
Bicchisano. m — >- Au milieu d'une 
luxuriante végétation, débris du châ- 
teau deVincentello d'istria. 

Sorbollano, 330 h., c. de Serra-di- 
Scoparaene. 

Sorbo-Ocagnano, 760 h., c. de 
Vescovato. 

Sorio, 546 h., c. de Santo-Pietro-di- 
Tenda. m — >- Restes d'une tour.— Dans 
l'église, beau maître-autel. 

Sotta, 851 h., c. de Serra-di-Scopa- 
mene. 

Soveria, 240 h., c. d'Omessa. 

Speloncato, 961 h., c. de Muro. 

Stazzona , 222 h., c. de Piedi- 
croce. 

Taglio-Isolaccio,600 h.,c. dePero- 
Caseveccliie. 

Talasani, 443 h., c. de Pero-Case- 
vecchie. 

Tallone, 517 h., c. de Moita. 

Tarrano, 408 h., c. de Yalle-d'Ale- 
sani. 

Tasso, 544 h., c. de Zicavo. 

Tavaco, 173 h., c. de Sarrola-Car- 
copino. 

Tavera, 838 h., c. de ocognano. 

Tivolaggio , 87 h., c. de Sar- 
tène. 

Tolla, 635 h., c. de Bastelica. 

Tomino, 702 h., c. dcRogliano. 

Torgia Cardo 79 h., c. de Santa- 
Maria-Sichè. 

Tox, 403 h., c. de Pietra. 

Tralonca, 504 h.,c. de Sermano. 



Ucciani , 1,042 h. , c. de Boco 
gnano. 

Urbalacone, 226 h., c. de Santa- 
Maria-Sichè. 

Urtaca, 575 h., c. de Lama. 

Vallecale, 525 h., c. d'Oletta. 

Valle-d Alesani, 657 h., ch.-l. de c, 
arrond. de Corte. 

Valle-di-CampoIoro, 275 h., c. de 
Cervioue. 

Valle-di-Mezzana, 594 h., c. de 
Sarrola-Carcopino. 

Valle-di-Rostino, 630 h., c. de Mo- 
rosaglia. 

Vaile d'Orezza, 299 h., c. de Piedi- 
croce. 

Vallica, 258 h., c. d'Olmi-Cappella. 

Velone-Orneto, 520 h.,c. de Pero- 
Casevecchie. 

Venaco, 1,682 h., ch.-l. de c. de l'ar- 
rond. de Cotte. 

Ventiseri, 1,227 h., c. de Prunelli- 
di-Fiumorbo.»» — > Ruines de deux châ- 
teaux. 

Venzolasca,l,207h.,c. deVescovato. 

Verdese, 317 h., c. de Piedicroce. 

Vero, 612 h.,c. de Bocognano. 

Vescovato, 1,599 h., ch.-l. de c, 
arrond. de Bastia. m — > Dans l'église, 
beau tabernacle en marbre. — Maison 
où naquit le fameux patriote corse An- 
dréa Colonna Ceccaldi et où se réfugia 
Murât (1815) avant de partir pour son 
expédition de Calabre. — Maison 
(xvi e s.) de l'historien Filippini. — Bel- 
les cascades. — Al kil., ruines d'un 
couvent de Franciscains. 

Vezzani, 957 h., ch.-l. de c, ar- 
rond. de Corte. 

Vico, 2,012 h., ch.-l. de c, arrond. 
d'Ajaccio. m — >■ Belles promenades. 
Dans le couvent de Saint-François, 
beaux tableaux de l'école italienne (xv* 
et xvi* s.). — La Cuma, montagne en 
pain de sucre, couverte d'une magnili- 
que forêt de chênes verts. — Curieuse 
montagne de la Sposata, représei.tnat 
assez bien une femme accompagnée de 
son enfant. 

Viggianello, 454 h., c. d'Olmeto. 

Vignale, 402 h., c. de Borgo. 

Villanova, 559 h., c. d'Ajaccio. 

Ville-di-Paraso, 757 h., c. de Bdgo- 
dere. 






DICTIONNAIRE DES COMMUNES. 



59 



Ville-di-Pietrabugno, 586 h., c. de 

San-Martino-di-Lota. 

Volpajola, 650 h., c. de Campi- 
tello. 

Zalana, 695 h., c.de Moita. 
Zerubia, 240 h., c. de Serra-di-Sco- 
pamene. 
Zevaco, 405 h., c. de Zicavo. 



Zîcavo, 1,638 h., ch.-l. de c, ar- 
rond. d'Ajaccio. 

Zigliara, 556 h., c. de Santa-Maria- 
Sichè. 

Zilia, 704 h., c. de Calenzana. 

Zonza, 1,002 h., c. de Levie. 

Zoza, 260 h., c. de Santa-Lucia-di- 
Tallano. 

Zuani, 346 h., c. de Moita. 



526. — Typographie A. Lahure, rue de Fleurus, 9, à Paris 



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